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Les tensions entre Lewis Hamilton et Charles Leclerc continuent d'agiter Ferrari. Mais pour Günther Steiner, Fred Vasseur aurait presque de quoi s'en réjouir.
Les accrochages entre Lewis Hamilton et Charles Leclerc deviennent un sujet récurrent chez Ferrari. Après leurs précédents duels à Zandvoort et Monza, les deux pilotes se sont de nouveau affrontés au Grand Prix du Mexique, au point de compromettre leurs chances de victoire. Une situation délicate pour Fred Vasseur, sommé de préserver l'équilibre au sein de son écurie.
Pourtant, Günther Steiner ne partage pas les inquiétudes entourant cette rivalité. L'ancien directeur de Haas estime que Ferrari dispose avant tout de deux pilotes extrêmement compétitifs, déterminés à s'imposer. Un problème de gestion qu'il juge finalement préférable à celui d'une équipe dont l'un des pilotes ne serait pas à la hauteur.
Le dernier épisode de cette rivalité s'est produit dès le premier tour à Mexico. En lutte pour les premières positions, Hamilton et Leclerc sont tous deux sortis de la piste au quatrième virage. Le Monégasque a ensuite coupé par l'herbe au cinquième virage pour reprendre l'avantage, tandis que son coéquipier perdait une position face à Max Verstappen.
Leclerc a finalement écopé de cinq secondes de pénalité pour avoir conservé un avantage en quittant la piste. Verstappen en a profité pour remporter la course, laissant Ferrari avec de nouvelles tensions internes à gérer.
Interrogé par RacingNews365, Steiner estime néanmoins que cette concurrence représente davantage une richesse qu'une faiblesse.
"C'est un bon problème à avoir. On pourrait évidemment dire qu'un problème n'est jamais une bonne chose, mais Ferrari possède deux excellents pilotes. Toute la difficulté consiste à savoir comment les gérer."
L'Italien rappelle également qu'un directeur d'équipe ne peut pas contrôler chaque décision prise par ses pilotes en pleine bataille.
"Je ne dis pas que ce que Charles a fait était totalement correct, mais ce n'était pas non plus complètement injustifié. C'est un pilote de course, il veut attaquer. Malheureusement, cela s'est encore mal terminé."
Steiner reconnaît toutefois que Fred Vasseur se trouve dans une position inconfortable. Avec Hamilton et Leclerc, Ferrari doit composer avec deux personnalités ambitieuses, peu disposées à sacrifier leurs propres résultats.
"Je n'envie pas Fred, parce qu'il dispose de deux pilotes de très haut niveau qui veulent tous les deux gagner. Ce qui s'est passé ne les a évidemment pas aidés, puisqu'ils n'ont pas remporté la course. Mais que peut-on faire ?"
L'ancien patron de Haas comprend notamment la frustration exprimée par Hamilton après l'incident. Il considère cependant que Leclerc avait également des raisons légitimes de défendre sa position.
"Lewis était frustré, mais je ne pense pas que Charles avait l'intention de céder. Il ne pouvait pas simplement rester derrière et accepter de terminer deuxième. Ce n'est pas ainsi que raisonne un pilote de course."
Steiner soutient ainsi l'approche de Vasseur, qui a jusqu'à présent privilégié des principes de fonctionnement internes plutôt qu'un règlement écrit imposant une hiérarchie stricte entre ses pilotes.
Pour Steiner, l'essentiel consiste à empêcher cette rivalité de nuire durablement aux intérêts de Ferrari, sans pour autant brider l'instinct de compétition de ses pilotes.
"Ce n'est pas facile à gérer, mais je préfère largement ce problème à celui d'avoir un pilote qui ne réalise pas les performances attendues."
L'ancien directeur de Haas souligne d'ailleurs un élément positif dans l'incident mexicain : malgré leur affrontement musclé, Hamilton et Leclerc ont évité le contact.
"Au final, on veut que l'équipe soit performante, et pour cela, tous ses éléments doivent fonctionner. Au moins, ils ne se sont pas percutés. Ils ont été suffisamment intelligents pour éviter cela."
Alors que Ferrari cherche à terminer la saison sur une note positive, la gestion de ses deux pilotes reste un enjeu majeur pour Vasseur. Mais aux yeux de Steiner, cette rivalité ne constitue pas une crise : elle témoigne surtout de la volonté de Hamilton et Leclerc de ne rien céder à leur coéquipier.