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Il y a des statistiques qui pèsent comme une chape de plomb. Après le revers contre le Sturm Graz (1-0), Marseille compte trois défaites en autant de matchs de Ligue Europa, et Opta rappelle que sept équipes avaient déjà démarré ainsi dans ce format. Aucune n’a fini qualifiée. Ce n’est pas encore une sentence, mais l’histoire récente de la compétition ne plaide pas pour l’OM.
Pour exister encore en Europe, les Marseillais devraient donc accomplir ce que personne n’a réussi : remonter d’un départ cauchemardesque dans cette phase de ligue. L’exploit serait inédit, et c’est ce qui le rend à la fois séduisant et improbable. Reste un fait têtu, qui évite de sombrer dans le catastrophisme : la zone qualificative n’est qu’à trois points, avec cinq journées à jouer. Le calcul laisse une porte entrouverte, à condition de ne plus en claquer aucune.
Mais la vraie question est peut-être ailleurs : l’OM a-t-il encore les moyens de courir deux lièvres à la fois ? L’équipe de Bruno Genesio peine aussi en championnat, et cette fragilité domestique éclaire d’un jour cru les ambitions continentales. Difficile de réclamer une épopée européenne quand la régularité en Ligue 1 se dérobe. La Ligue Europa, hier terrain de rédemption possible, ressemble aujourd’hui à une exigence de plus sur des épaules déjà chargées.
C’est pourquoi la réception du Havre, dimanche, prend des allures de rendez-vous capital, bien plus décisif pour la suite de la saison que n’importe quel soir de C3. Un succès remettrait de l’ordre dans la maison, quand une nouvelle déconvenue ferait basculer le débat de l’inquiétude vers la défiance. Avant de rêver d’un miracle européen, Marseille doit d’abord retrouver son équilibre chez lui.