Apex Scores Lite Apex Scores Lite flag
back Retour
Entre Limoges et l’Elan Béarnais, un demi-siècle de rivalités épisodiques

Le 115e clasico aura lieu dimanche 25 octobre au Palais des sports de Pau (à 19 heures). De la première étincelle – une rencontre entre les espoirs de 1985- aux timides ravivements des dernières années, retour sur un duel en plusieurs temps

Grégor Beugnot face à Christian Ortega, lors de la finale de 1987, point culminant de la rivalité entre les deux clubs.

La relation entre les deux clubs néo-aquitains a traversé les évolutions d&rsquo...

La relation entre les deux clubs néo-aquitains a traversé les évolutions d’un sport, les fractures individuelles, elle bat de l’aile à presque cinquante années d’adversité officielle. La première rencontre, en 1978, n’a pas été la genèse de l’historique discorde. Non, celle-ci s’est d’abord cristallisée autour de la jeunesse.

En 1985, l’équipe espoir de Limoges demande le report de son déplacement à Orthez, qui refuse et s’impose de 35 pts. La Moutète chante : « Mais ils sont où (NDLR : à répéter trois fois), les Limougeauds ? » Et séduit ensuite le prometteur pivot adverse, Franck Butter. Un transfuge de trop, suffisant pour une première véritable passe d’armes médiatique entre le président Xavier Popelier et son homologue béarnais Pierre Seillant. Si en 1984, Orthez, vainqueur de la Coupe Korac, avait été chaleureusement accueilli à Beaublanc, l’antre du CSP s’est ensuite toujours paré d’hostilité à l’égard de celui qui allait devenir son principal rival en championnat.

Vendetta sur vendetta

Les premiers des 18 titres nationaux que se sont partagés les deux équipes en deux décennies ont été animés de ce duel, dont le paroxysme, physique, demeure à jamais la bagarre de 1987. Cette fois entre grands. L’Elan, champion en titre, va filer vers le « back to back » aux dépens de Limoges quand son ailier-fort Paul Henderson, déjà victime collatérale d’un jet de chaise et d’une première bagarre la saison passée, est l’épicentre, avec Benkaly Kaba et Clarence Kea, d’une mêlée générale. Une scène retransmise en direct sur « Antenne 2 » à l’instar de l’intervention en arbitre de boxe de Pierre Seillant. Après ce sacre obtenu avec fracas et grâce aux lancers francs d’Hufnagel, l’Elan attendra un peu la gloire, malgré, certes, un tournoi des As en 1991 contre le CSP.

Thierry Gadou, lors de la finale de 1993, remportée face aux « jaunes et grenat » de Limoges.
Thierry Gadou, lors de la finale de 1993, remportée face aux « jaunes et grenat » de Limoges.

Mais la revanche prise à Orthez par Limoges en 1989 avait inspiré un serment au président béarnais. Un vœu qui a animé le club, déménagé dans son Palais des sports de Pau, jusqu’en 1992 et l’obtention du titre national en deux manches au détriment de Limoges. Ce petit pied de nez sera complet en 1998, avec un cinquième championnat décroché cette fois à Beaublanc par les coéquipiers de Freddy Fauthoux. Entre-temps, le CSP de Boja Maljkovic avait été consacré continentalement et vaincu notamment l’Elan notamment pour être titré en 1993, au terme de quatre manches électriques. Les clasicos le sont restés en tout cas, comme peuvent en témoigner les pivots Franck Butter (alors revenu à Limoges) et Marcus Webb, que la police nationale avait dû séparer lors d’un match 1 de demi-finale, en 1994.

Valery Demory, le meneur de jeu de l’Elan Béarnais Pau-Orthez s’infiltre entre Willie Redden et Jurij Zdovc, sous le regard d’Orlando Philippe et de Jim Bilba, en 1992 au Palais des sports de Beaublanc.
Valery Demory, le meneur de jeu de l’Elan Béarnais Pau-Orthez s’infiltre entre Willie Redden et Jurij Zdovc, sous le regard d’Orlando Philippe et de Jim Bilba, en 1992 au Palais des sports de Beaublanc.

Destins démêlés

La fin des années 1990, le début des années 2000 voient les deux clubs continuer leur duel, parfois à distance au classement, tandis que leurs joueurs se rapprochent en équipe de France. Au rayon des vendettas, l’une des plus belles revient à Limoges, au tout début du siècle. Alors au bord du gouffre financier, le CSP du capitaine Bonato réalise un triplé historique (la Coupe Korac, la Coupe de France et le Championnat de France) avec comme rampe de lancement, un succès de prestige en début de saison dans un Palais des sports pourtant inviolé depuis quatre ans et 58 matchs. Le dernier tir d’une longue série.

Frédéric Moncade, le meneur de jeu de l’Elan, trompe la défense de Frédéric Weis et RT Guinn, en 2010 à Beaublanc, alors que les deux équipes sont en Pro B.
Frédéric Moncade, le meneur de jeu de l’Elan, trompe la défense de Frédéric Weis et RT Guinn, en 2010 à Beaublanc, alors que les deux équipes sont en Pro B.

Pendant que l’Elan Béarnais remportait les derniers de ses neuf titres nationaux (2003, 2004), Limoges périclitait. Un mal propice à la rechute et qui n’oublie pas d’être contagieux. Une décennie plus tard, le CSP se refaisait, en n’oubliant pas de dépasser son frère ennemi, avec 11 championnats dans le palmarès. Les affrontements en Pro B, en Coupe, ont atténué le clivage tout en l’entretenant. Le soubresaut de l’Elan en 2022, et son retour en grâce quatre ans après, ne balaye pas un principe de réalité : les deux acteurs du clasico ne se battent plus pour la gloire. Mais ils sont contents de se retrouver.

Hufnagel et Muresan lors du 100e clasico.
Hufnagel et Muresan lors du 100e clasico.

Vous aimerez peut-être

Avant Elan Béarnais – Limoges. Un CSP d’expérience française en déplacement à Pau

SUD OUEST il y a 4 heures

Avant Elan Béarnais – Limoges. Bastien Pinault : « C’est jamais tôt pour un clasico »

SUD OUEST il y a 21 heures