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Federer, Nadal ou encore Djokovic : les plus grands tennismen de l’histoire ont pu venir jouer à Marseille grâce à la tenue de l’Open 13. Une chance inouïe pour les Provençaux qui ne risquent pas d’y regoûter de sitôt puisque le tournoi se tient désormais… à Lyon, à plus de 300 kilomètres du Palais des Sports de la cité phocéenne ! Explications.
En soi, l’Open 13 n’a pas vraiment disparu, il a plutôt déménagé sous l’impulsion de sa nouvelle direction, propriétaire de la date du tournoi catégorisé "ATP 250" (quatrième échelon en termes de prestige derrière les ATP 500, les Masters 1000 et les Grands Chelems).
Une décision officialisée en août de l’année passée via un simple communiqué de la société Pampelonne Organisation, filiale du groupe All In* fondé par Jo-Wilfried Tsonga et Thierry Ascione : "Ce choix est le fruit d’une analyse approfondie des infrastructures répondant aux standards techniques, logistiques et médiatiques imposés par l’ATP Tour. La LDLC Arena, équipement de dernière génération situé au cœur de la Métropole lyonnaise, répond pleinement à ces exigences."
Tout sauf une surprise. "On était sur la sellette depuis 4 ou 5 ans, confiait même à La Provence Jean-François Caujolle, le créateur du tournoi en 1993 qui avait cédé ses parts à Tsonga en 2023. Ce départ à Lyon n’est donc pas surprenant, il est logique. […] Depuis que l’ATP a mis en place une commission pour améliorer les standards des tournois, on se savait dans le collimateur."
En cause notamment, la vétusté du Palais des Sports, inauguré en 1988 et qui a du mal à rivaliser avec les standards internationaux. "Sans nouveau Palais des Sports à Marseille, ce n’était pas possible d’aller plus loin, nous confirmait à l'époque Caujolle qui est resté directeur du tournoi jusqu’à son transfert. Il y a eu cette opportunité de nouvelle Arena avec le groupe Aulas, la Région Auvergne - Rhône-Alpes était intéressée et moi j’ai vendu toutes mes parts à des repreneurs dont le siège est à Lyon…"
Un choix qui a logiquement pu interroger, surtout au niveau du timing. En février 2025 par exemple, Marsactu révélait l’existence de transferts entre les caisses de l’Open 13, "dopé à l’argent public", et le Luxembourg. Au moment de l’officialisation du transfert du tournoi à Lyon, Samia Ghali, alors maire adjointe en charge des grands événements, réagissait d’ailleurs auprès de nos confrères : "Nous préparions la rupture du contrat qui liait la Ville à la société Pampelonne", ajoutant que "l’argent public n’a pas vocation à transiter par les paradis fiscaux". La Ville invitait d’ailleurs "toutes les autres collectivités à avoir la même éthique" et promettait de travailler "à l’accueil d’un tournoi mondial de padel au Palais des Sports", chose qui ne s’est, pour l’instant, pas produite.
Fin 2025, Jo-Wilfried Tsonga, actionnaire principal du tournoi, était tout de même revenu sur ce choix dans nos colonnes : "Ça a été un crève-cœur de ne pas être forcément compris, c’est difficile d’expliquer les choses de la meilleure des manières, ou de le faire dans le bon timing. Parfois, on doit prendre des décisions assez vite, qui déçoivent les gens et c’est malheureux. Certains n’ont pas compris tous les tenants et les aboutissants. Qu’un tournoi, c’est une date, que ça s’achète. […] Ce n’est pas toujours évident de donner le spectre complet aux gens pour qu’ils le comprennent et qu’ils se disent que la décision était évidente."
La fin, du moins le déménagement à Lyon, était donc très probablement inévitable pour l’Open 13 et c’est désormais les Auvergnats-Rhônalpins qui peuvent voir évoluer les stars de la discipline dans une salle flambant neuve…
13 ans après sa création, le groupe All In de Thierry Ascione et Jo-Wilfried Tsonga possède des terrains de padel, un magasin d’articles de sport, une filiale dédiée à la représentation des joueurs, et deux académies de tennis à Lyon et Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). Début septembre, le groupe affirmait employer "près de 100 collaborateurs" pour un chiffre d’affaires consolidé de 16 millions d’euros.