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La partie atlantique de ces dernières, et le Béarn en particulier, seront au cœur de cette édition ; à son pinacle même, puisque Burdincurutcheta, le Soulor et autre Marie-Blanque, trois des cols bien velus des Pyrénées-Atlantiques (le premier pour son pourcentage de pente ignoble), ont été programmés en fin de Grande Boucle, quand les ischio-jambiers seront endoloris par les trois premières semaines de course. Il n’est pas interdit de penser que le dénouement du Tour pourrait se jouer ici.
« Incroyable coup de théâtre : le Tour de France passera par Pau en 2027 ! » raillait la FFL (la Fédération française de la lose, qu’on sait particulièrement attentive aux contre-performances tricolores, notamment sur la Grande Boucle) après le dévoilement du tracé, jeudi. La vanne est bonne : en 2027, le Tour s’arrêtera pour la 78e fois de son histoire dans la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Il faut remonter à 2011 pour trouver une édition sans un passage dans la cité du Vert-Galant. À ce niveau, ce n’est plus de l’amour, mais un abonnement.
Il en est un qui ne s’en plaindra pas – contrairement à ses homologues de La Rochelle, Bayonne ou Strasbourg, qui attendent respectivement de redevenir des villes-étapes depuis 1983, 2003 et 2006 –, c’est le maire de Pau, Jérôme Marbot. « J’avais d’ailleurs dit l’an dernier à Christian Prudhomme qu’il pouvait considérer que nous étions candidats permanents », s’amuse celui qui a découvert, de l’intérieur du réacteur, l’organisation d’une arrivée et d’un départ l’an passé ; deux performances à réitérer cette année lors des 17e (Muret-Pau, 21 juillet) et 18e (Pau-Saint-Lary, 22 juillet) étapes.
« Une arrivée, un départ, et on peut même imaginer que les équipes resteront chez nous pendant l’étape Hasparren-Laruns le 23 juillet : trois nuits à Pau, on pouvait difficilement espérer mieux », savoure-t-il en pensant aux 238 000 euros à débourser pour accueillir la gigantesque orga cycliste, qui seront vraisemblablement largement redistribués dans les hôtels, restaurants et commerces du centre-ville. Mais au reste, quel est le secret de la longévité de ce vieux ménage ? C’est pour un ami. L’édile palois dévoile quelques ingrédients de la recette du philtre : « Nous sommes au pied des Pyrénées, nous avons la capacité hôtelière pour accueillir un tel événement et… nous avons la place Verdun. Une place utopique, à en croire les organisateurs », annonce Jérôme Marbot.
« Il y a quelque chose de spécial ici qui réunit la montagne, le rugby, le vélo et les hommes »
Il est vrai qu’elle cumule beaucoup de bons points : d’abord elle est grande, ce qui laisse la place à la logistique d’ASO [Amaury Sport Organisation, organisateur d’événements, NDLR] de ranger sa kyrielle de camions et d’installer une jolie scène. Ensuite, elle est bordée par une longue allée, une belle ligne droite dans laquelle les sprinteurs ne se font pas prier pour déclencher l’estocade, au ravissement du public massé de part et d’autre du spectacle. Ajoutons qu’en un coup de drone, vous avez à la fois Verdun vu du ciel et le pic du Midi d’Ossau en fond. N’en jetez plus.
Le spectacle, visuel, proposé par les Pyrénées-Atlantiques est bien sûr un élément déterminant dans la fidélité du Tour. En cela, la 19e étape entre Hasparren et Laruns promet de provoquer quelques claquages de rétines, depuis les courbes généreuses de la montagne basque, où les jeux de lumière se prêtent si bien aux caméras, jusqu’aux reliefs acérés de la vallée d’Ossau, aux tons vert émeraude.
Au creux de celle-ci, réside un petit village peuplé d’irréductibles Béarnais, trop heureux de se voir inscrits sur la carte de France pour la 4e fois depuis 2018 (la 5e depuis 1985). Et la vie est plus facile pour les garnisons d’Ossalois, entre les camps retranchés de « Pau-danum » et du « Tourma-gnum ». « Oui, cette proximité avec Pau joue pour nous, répond Robert Casadebaig, qui porte l’écharpe tricolore au village. Mais pas seulement. On est au pied des cols et il y a quelque chose de spécial ici qui réunit la montagne, le rugby, le vélo et les hommes. » Ce quelque chose de spécial qui a peut-être joué, en 2020, dans la première victoire d’étape sur le Tour, ici à Laruns, d’un certain Tadej Pogacar, qui s’était adjugé son premier Tour dans la foulée.