Retour
Tout est parti d’un succès étriqué mais précieux. Jeudi, l’Olympique de Marseille s’est imposé sur la pelouse du Bayer Leverkusen (0-1), en Ligue Europa, grâce à un bijou d’Amine Gouiri. Une première victoire européenne de la saison qui a suffi à enflammer les débats sur RMC, dans l’émission Rothen s’enflamme, rapportent Foot Sur 7 et BFM.
Emmanuel Petit a dégainé le premier, sans la moindre précaution oratoire. « Pour moi, Bruno Genesio est le meilleur entraîneur français actuel. C’est mon opinion », a lancé le champion du monde 1998. Et de prendre la défense d’un groupe longtemps moqué : « On a mis dans la tête des gens qu’ils avaient une équipe de bras cassés… » Selon lui, le technicien olympien « a relancé des joueurs qui étaient à la cave, comme Abdelli ».
La réponse de Jérôme Rothen a eu l’effet d’une douche froide. « Depuis qu’il entraîne, Bruno Genesio n’a rien gagné », a rappelé l’ancien Parisien, toujours sur RMC. Pas un trophée à Lyon, ni à Rennes, ni à Lille. Pour lui, l’entraîneur « a des qualités, mais il a aussi ses limites ».
Le consultant ne s’est pas arrêté là. Il a pointé un bilan comptable peu flatteur : « L’OM a plus perdu que gagné, donc la difficulté de Genesio est là. » Quant au plan de jeu affiché en Allemagne, salué de toutes parts, il l’a balayé d’une phrase qui ne passera pas inaperçue à la Commanderie : « Mettre une équipe défensive et cohérente en place, c’est ce qu’il y a de plus facile dans le football. »
Rarement deux consultants d’une même émission auront aussi peu partagé le même diagnostic. Il existe pourtant un terrain d’entente : Amine Gouiri. « Merci Gouiri, ça a été la lumière du jeu offensif assez pauvre de l’OM », a conclu Rothen, en rappelant que les Marseillais n’avaient cadré que deux tirs à la BayArena. Une façon de dire que la victoire tient d’abord à un exploit individuel. Ou presque uniquement.
Petit lui-même n’est d’ailleurs pas totalement aveugle. Il décrit un bloc médian compact, mais concède une faiblesse de taille : « Le gros souci, c’est qu’il n’a pas un effectif assez étoffé pour faire tourner. » Et il voit en Genesio un « sauveteur plus qu’un conquérant », une nuance qui rejoint, au fond, une partie des critiques de son collègue.
Le débat tombe à pic. Dimanche soir, l’OM se déplace à Lens, dans un stade Bollaert-Delelis bouillant après la déroute des Sang et Or face à Côme en Ligue des champions (1-9). Un contexte explosif, où le plan défensif de Genesio sera une nouvelle fois scruté.
Une victoire, et le camp Petit marquera des points. Un faux pas, et Rothen n’aura même pas besoin de reprendre la parole. Ça sent la poudre autour de l’OM. Le vestiaire, lui, préférera sans doute laisser les consultants à leurs joutes.