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Route du Rhum : Génie précoce et mentors XXL, qui est Tom Laperche, le vainqueur de l’édition 2026 ?

Plus jeune vainqueur de la course en solitaire depuis Laurent Bourgnon, le jeune Breton de 29 ans s’est préparé au plus haut niveau depuis son enfance

Il n’était pas le marin le plus connu au départ de la route du Rhum, mais il a explosé le record de l’épreuve, manquant de peu, en plus, de faire mieux que Laurent Bourgnon, vainqueur de l’édition 1994 à 28 ans, à peine un an de moins que Tom Laperche, la star du moment après sa traversée transatlantique en moins de 7 jours. 20 minutes vous en dit plus sur le nouveau phénomène de la voile française.

Elevé à bonne école

Ce triomphe précoce semble presque logique dans le parcours de ce marin surdoué qui, bien avant de piloter les monstres de technologie que sont les multicoques Ultim, a passé son enfance sur des petits trimarans exigeants qui auront façonné son éducation à la mer et au vent.

« La voile, il est tombé dedans, ça a toujours été naturel pour lui de faire du bateau, raconte Philippe Laperche à l’Equipe, admiratif de la prestation de son fils. Les week-ends, on partait régulièrement sur un vieux trimaran en bois. On avait dans nos relations pas mal de coureurs qui ont fait rêver les gens, Tom a été bercé par toutes ces histoires. Il aime être en mer, quand il nous parle de ses navigations, il est toujours serein, même s’il vit les mêmes galères que les autres. Je n’ai jamais peur pour lui. Sur ce Rhum il m’a impressionné, il fait quasiment un sans-faute du départ à la fin. »

« Nous avons eu la chance de beaucoup naviguer en famille, presque exclusivement sur des multicoques plus rapides que confortables », ajouté son frère Mathieu Laperche. « Ces bateaux donnent forcément le sourire et, très jeunes, nous avons appris à gérer leurs réactions parfois dangereuses. »

Le patronage de François Gabart

Si Tom Laperche doit sûrement une grande partie de ses qualités à son père Philippe, navigateur chevronné lui-même, qui a failli se lancer dans une carrière professionnelle avant de privilégier une carrière de dentiste, Le jeune homme voisine avec de grands noms de la voile comme Thomas Coville ou Laurent Bourgnon à la Tinité-sur-Mer, nous explique RMC. Et si Tom Laperche s’est d’abord dirigé vers des études d’ingénieur, c’est chez MerConcept, le chantier et l’équipe de course créée par François Gabart qu’il va réaliser un stage d’étude déterminant en 2019.

« Quand il a fait son stage chez nous et quand il a commencé à faire du Figaro à Port-la-Forêt (au Pôle Finistère course au large), on a passé plus de temps ensemble, et quelque part, c’est là que j’ai commencé à me rendre compte de son talent On sentait déjà le travail, le sérieux, la passion du multicoque », témoigne François Gabart dans l’équipe. Trois ans plus tard, C’est la vainqueur du Vendée Globe himself qui lui propose de faire la transat Jacques-vabre avec lui puis de devenir skippeur sur l’Arkéa Ultim Challenge. Sa carrière prend alors la dimension qu’on lui connaît aujourd’hui.

Un abandon formateur

Avant la grande joie de la route du Rhum, il y a eu, aussi, une grande peine, qui a en quelque sort « baptisé » Tom Laperche. Un choc avec un Ofni dans l’Atlantique Sud alors qu’il occupait la 2e place de l’Arké Ultim Challenge : le bateua prend l’eau, et c’est la panique à bord, comme le raconte le tout jeune skipper de 26 ans au bord des larmes dans un enregistrement audio de l’époque :

« Après avoir fait le tour du bateau, j’ai hurlé comme rarement j’ai hurlé dans ma vie, je pense. Tellement dégoûté que tout s’écroule en une fraction de seconde. C’est hyper dur, je n’ai jamais vécu un truc aussi dur de ma vie ». En résulte une prise de conscience au sein de sa structure, avec l’arrivée de nouveaux mentors dans le giron de Tom Laperche, comme Franck Cammas et Michel Desjoyeaux.

« Quand tu navigues avec des grands champions comme eux, tu as l’impression qu’ils ne sont pas dans le bateau mais au-dessus, observe Antoine Gautier, team manager, dans l’Equipe. Ils ont cette capacité de voir tout ce qui se passe et de tout anticiper. Tom est de cette même veine. Il a beau avoir 29 ans, il a commencé l’Ultim il y a 5 ans. Il a grandi au contact de Laurent (Bourgnon) à la Trinité, tout ça est ancré en lui. »

La preuve avec sa masterclass lors de cette 13e édition marquée par des chavirages en série, dont l’abandon de trois poids lourds de la classe Ultim, Charles Caudrelier, Armel Le Cléac'h et Anthony Marchand, qui partaient pourtant avec les faveurs des observateurs au départ de la course.

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