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À quelques jours de la cérémonie du Ballon d'Or 2026, une incroyable histoire rappelle que le secret du vainqueur n'a pas toujours été aussi bien gardé.
Qui remportera le Ballon d’Or 2026 ? À trois jours de la cérémonie, prévue lundi à Londres, les spéculations se multiplient autour de la succession d’Ousmane Dembélé. Comme chaque année, les favoris sont scrutés, les moindres indices interprétés et les rumeurs de fuite abondamment commentées. La confidentialité entourant le résultat est devenue un enjeu majeur pour les organisateurs. Pourtant, dans l’histoire du trophée, le nom du vainqueur a déjà été révélé publiquement avant l’annonce officielle. Et pas devant une poignée de journalistes.
L’épisode remonte à 1986. Cette année-là, le Ballon d’Or revient à Igor Belanov, attaquant soviétique du Dynamo Kiev, qui a notamment brillé lors de la Coupe du monde au Mexique. Mais les circonstances de l’annonce de son sacre sont presque aussi étonnantes que son couronnement. Une histoire racontée en 2021 par France Football, dans une enquête consacrée aux coulisses des grandes annonces du trophée.
À l’époque, le magazine français informe généralement le lauréat avant la publication officielle des résultats. En Ukraine, cette mission revient à Avdey Pinaloff, correspondant de France Football, chargé d’annoncer personnellement la bonne nouvelle à Belanov.
Le footballeur accueille son sacre avec un enthousiasme débordant. Son premier réflexe ? Traverser la rue pour faire provision de bouteilles de champagne chez un caviste. Une façon plutôt agréable de célébrer la plus prestigieuse récompense individuelle du football européen. Mais la véritable surprise intervient quelques heures plus tard.
Le même jour, une grande cérémonie est organisée à Kiev pour célébrer la fin de la saison, en présence de nombreuses personnalités du régime soviétique. Les responsables du Dynamo Kiev souhaitent profiter de l’événement pour annoncer le triomphe de leur joueur. Seulement, le résultat du Ballon d’Or est encore officiellement confidentiel.
Belanov contacte alors Pinaloff pour demander l’autorisation de divulguer la nouvelle. Le journaliste appelle à son tour la rédaction de France Football à Paris. Il ne reste qu’une douzaine d’heures avant l’annonce officielle, et le magazine donne finalement son feu vert. Résultat : 14 000 personnes présentes dans la salle apprennent avant le reste du monde que Belanov est le nouveau Ballon d’Or. « C’était du délire », racontera des années plus tard Avdey Pinaloff, encore marqué par cette scène exceptionnelle.
Cette histoire illustre une époque où la confidentialité du Ballon d’Or répondait à des règles bien différentes. Aujourd’hui, une divulgation de cette ampleur paraît difficilement imaginable.
Le secret n’a pas toujours résisté aux indiscrétions. En 2009, lorsque Lionel Messi décroche son premier Ballon d’Or, l’Argentin connaît déjà le résultat avant même que le représentant de France Football ne vienne officiellement lui annoncer son sacre.
Trois ans plus tôt, en 2006, Fabio Cannavaro avait bénéficié d’une situation presque inverse. Alors que le défenseur italien devait être informé de sa victoire, le quotidien Tuttosport avait annoncé à tort le succès de Gianluigi Buffon. Une fausse piste qui avait détourné l’attention des journalistes vers Turin, tandis que le véritable vainqueur se trouvait à Madrid.
Lundi, au London Palladium, le trophée célébrera son 70e anniversaire. Cette fois, les organisateurs espèrent préserver le suspense jusqu’au bout. En 1986, il avait suffi de quelques bouteilles de champagne, d’un coup de téléphone à Paris et d’une salle comble à Kiev pour que 14 000 personnes prennent une longueur d’avance sur le reste du monde.