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Il faut savoir gagner beau, comme contre Castres la semaine dernière (69-10). Il faut savoir aussi gagner moins beau. Mais il faut surtout savoir gagner tout court. Qu’importe la manière. Et Montpellier, ce samedi, au cours de cet interminable premier bloc de dix matches (dont neuf de Top 14), est allé chercher au caractère une victoire qu’il n’aurait sans doute jamais décrochée il n’y a pas si longtemps. Faillibles en conquête et moins dominants devant, les coéquipiers de Billy Vunipola se sont fait pourrir la vie par des Lyonnais plus pénibles que jamais. Harcelés par le jeu au pied des visiteurs, dominés avec surprise par le paquet d’avants adverse et dépassés par la vista de l’excellent Gabin Lorre (que Jake White n’avait pas voulu en 2015, à l’époque), à la fin, ce sont quand même eux qui finissent les bras en l’air, heureux. Un nouveau signe du bulbe que ce club est en train de prendre.
"Il y a deux ans, je pense même qu’on aurait fini par lâcher le match, même le point de bonus défensif", reconnaissait le manager, Joan Caudullo. "On est frustré de ce qu’on a produit, mais on est heureux de l’emporter. Il faut savoir gagner moche", appréciait, à chaud, l’enfant du pays, le centre Arthur Vincent. À la fin, les comptables ont toujours raison et malgré le visuel de la copie, c’est la note finale que l’on retient. Au tiers de la saison, celle du MHR mérite au moins un tableau d’honneur.
Le succès acquis samedi après-midi, peut-être encore plus fondateur que celui de la semaine dernière, peut se résumer avec un "oui, mais…". Oui, le huit de devant montpelliérain, peut-être le plus dominant du Top 14, s’est fait bouger comme rarement. Mais c’est lui qui a surmonté le chaos pour marquer deux fois sur ballon porté. Oui, les sept fautes de main ont clairement empêché les Héraultais de finir leurs actions. Mais ils ont su scorer quand il fallait. Oui, ils ont pris deux cartons jaunes, se sont fait manger tactiquement et ont perdu très tôt Valentin Welsch sur blessure (tendon d’Achille). Mais la solidarité, l’expérience et la qualité des entrants ont suffi pour tenir bon. Un peu comme le font les meilleures équipes du monde. La marque des grands commence à imprégner ce groupe.
Maintenant, place au repos. Il était temps. Tout le monde commençait à en avoir plein les chaussettes. "C’était le dernier match du bloc. Tout le monde avait un peu peur de se péter et de perdre avant les vacances. Au final, le bilan est positif et on va tous pouvoir bien se reposer", soulignait l’inusable Yacouba Camara. Il y en aura besoin, parce que le prochain bloc annonce onze matches consécutifs, dont trois de Coupe des champions. "Oubliez-nous pendant quinze jours", se marrait Joan Caudullo. Encore plus facile à dire quand tous les voyants, à part celui de l’infirmerie, sont au vert.