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Jeudi soir, en s'imposant 1-0 à Leverkusen avec l'OM, Bruno Genesio a rejoint Guy Roux au sommet d'un classement bien particulier : 41 victoires en Coupe d'Europe à la tête de clubs français, comme l'a souligné l'OM sur X. À 88 ans, le sorcier d'Auxerre revient donc dans la lumière, et avec lui une confidence de juillet 2004. Dans les colonnes de la DH, il racontait comment il avait "visité l'antichambre de la mort" un an après s'être arrêté, "épuisé psychologiquement".
Lorsque le quotidien belge l'interroge, il a 66 ans et règne toujours sur l'AJ Auxerre, qu'il a prise en main en 1961 comme joueur-entraîneur. Le club lui doit un titre de champion en 1996 et quatre Coupes de France, et il y a lancé Éric Cantona, Basile Boli ou Djibril Cissé. Quatre ans plus tôt, il avait pourtant lâché le banc à Daniel Rolland, le temps d'une saison sabbatique, en 2000-2001, indiquait-il à la DH : "Après quarante années de service, sans interruption, j'étais épuisé psychologiquement et il fallait que je prenne du recul."
L'éloignement n'a duré qu'un an, puisqu'il a retrouvé son poste en 2001, jusqu'en 2005. Interrogé sur sa longévité, il listait quatre raisons. "La première, j'aime ça. La deuxième, mon président est un homme très patient. La troisième, nous sommes montés de quatre divisions sans jamais redescendre. Et quatrièmement, j'ai toujours réussi à éviter le déficit budgétaire." Sans l'une d'elles, jurait le technicien, "j'aurais raccroché depuis bien longtemps".
C'est son cœur qui a ensuite sifflé la fin de la récréation. En 2001, Guy Roux a dû subir un double pontage coronarien, une épreuve qui a tout changé. "J'ai visité l'antichambre de la mort et j'en suis revenu. J'étais tellement heureux de m'en être sorti que ma façon d'aborder la vie a été totalement bouleversée", confiait-il. Puis le technicien filait la métaphore footballistique : "Je suis comme un joueur qui est entré dans le temps additionnel, je sais que chaque seconde compte et j'en profite pleinement."
Cette alerte l'a aussi rendu "plus joyeux", assurait-il. Mais elle n'a pas réglé la question de l'après. En juin 2005, au lendemain d'une quatrième Coupe de France, il a annoncé son départ. Son président, Jean-Claude Hamel, y voyait une façon d'anticiper la décision de ses médecins. Ce qui ne l'a pas empêché de repartir pour un bref passage à Lens en 2007, sept matchs et une démission. Depuis, il ménage sa mécanique."J'ai un peu fatigué mon cœur avec toutes mes activités", expliquait-il à Public Sénat. Toujours présent en août dernier aux obsèques de François Patriat, le Bourguignon d'adoption joue encore les arrêts de jeu. Bruno Genesio, lui, n'a plus besoin que d'une victoire pour lui chiper son record.