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Avant de devenir l'un des plus grands ennemis du Barça, José Mourinho y était particulièrement apprécié. Il avait même hérité d'un surnom surprenant.
Le retour de José Mourinho à Barcelone, treize ans après son départ du Real Madrid, promet de réveiller de vieilles rancœurs. À l’approche du Clasico de dimanche, les souvenirs de ses confrontations avec Pep Guardiola, de ses polémiques arbitrales et de son geste contre Tito Vilanova refont surface. L’entraîneur portugais reste associé à l’une des périodes les plus électriques de l’histoire de cette rivalité. Pourtant, bien avant de devenir un personnage détesté par une partie du public catalan, Mourinho avait connu une tout autre réputation dans la capitale catalane.
À son arrivée au FC Barcelone en 1996, dans les bagages de Bobby Robson, le futur entraîneur du Real Madrid avait même reçu un surnom particulièrement flatteur : « Chico Martini ». Une référence à un personnage séduisant et élégant d’une publicité pour Martini, à qui les journalistes barcelonais trouvaient une certaine ressemblance avec le jeune Portugais. Une anecdote racontée par Santi Giménez dans Sport, à travers les souvenirs de plusieurs journalistes qui fréquentaient Mourinho à l’époque.
Âgé de 33 ans lorsqu’il débarque en Catalogne, Mourinho est encore un inconnu pour une grande partie du monde du football. Il accompagne Bobby Robson, qu’il a précédemment côtoyé au Sporting Portugal et au FC Porto, et cherche à s’imposer comme un véritable adjoint plutôt que comme un simple traducteur. « Cela le dérangeait beaucoup qu’on l’appelle traducteur, parce que cette fonction était initialement assurée par le journaliste Graham Turner, puis par Txemi Terés. Mourinho était important dans le staff de Robson », se souvient Marcos López, journaliste à El Periódico et collaborateur de la Cadena SER, interrogé par Sport.
Mais cette susceptibilité professionnelle ne l’empêche pas de nouer des relations chaleureuses avec les journalistes locaux. Mourinho fréquente certains des mêmes établissements qu’eux, discute volontiers de football et accepte même avec amusement son surnom de « Chico Martini ». Selon le récit de Sport, il lui arrivait d’imiter le geste caractéristique du personnage publicitaire, qui passait son pouce sur sa lèvre inférieure.
Une proximité aujourd’hui difficile à imaginer, tant ses relations avec l’environnement médiatique barcelonais se sont dégradées pendant sa première expérience sur le banc du Real Madrid.
Cette bonne réputation ne se limitait pas à son apparence ou à son aisance avec la presse. Sur le terrain, Mourinho impressionnait déjà par ses connaissances tactiques et sa capacité à préparer les rencontres.
« Mourinho a immédiatement gagné les joueurs, qu’il a impressionnés par ses connaissances footballistiques. Ils disaient : “Ce type connaît son football” », raconte Luis Martín, alors journaliste à Sport. Selon lui, les méthodes du Portugais contrastaient avec celles de Bobby Robson, notamment dans la manière d’analyser les adversaires et de transmettre des consignes précises.
Ses séances avaient particulièrement séduit plusieurs joueurs à forte sensibilité tactique, parmi lesquels Pep Guardiola et Luis Enrique. Deux hommes qu’il retrouverait ensuite sur des bancs adverses, parfois dans une atmosphère autrement moins cordiale.
L’arrivée de Louis van Gaal en 1997 aurait pu mettre un terme à cette expérience. Le technicien néerlandais préféra finalement conserver Mourinho après avoir découvert ses compétences. Il lui confia même les commandes de l’équipe première lors d’une rencontre de Coupe de Catalogne contre Lleida, en mars 1998. Le Batave a eu une influence décisive sur la formation du futur entraîneur portugais.
Près de trente ans après son arrivée au Barça, Mourinho revient donc dans une ville où il a laissé deux images radicalement différentes. Celle d’un jeune adjoint apprécié, surnommé « Chico Martini », et celle d’un entraîneur devenu l’incarnation de la rivalité avec le Real Madrid.
À l’approche du Clasico, les supporters catalans retiendront davantage la seconde. Mais cette histoire rappelle qu’avant les provocations et les affrontements, Mourinho avait été l’un des leurs.