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Le Portugais est annoncé vainqueur du vote BOAT. Les modalités de cette consultation invitent toutefois à mesurer la portée du résultat.
Cristiano Ronaldo a remporté une nouvelle confrontation à distance avec Lionel Messi. Ce mercredi, il a été désigné le BOAT, le « Ballon d’Or de tous les temps », organisé sur le site de France Football. Sa version 2008, celle du doublé Premier League-Ligue des champions avec Manchester United, aurait obtenu les faveurs des participants. Un succès symbolique qui s’appuie sur une mobilisation populaire dont le règlement mérite d’être regardé de près.
La particularité figure explicitement dans les conditions de participation : chaque vote nécessite une contribution d’un euro, associée à une photographie et à des avantages proposés aux participants. Surtout, chacun peut voter plusieurs fois, sans limite annoncée. Une même personne peut donc peser davantage qu’une autre, à condition de payer de nouveau. Le résultat traduit autant une préférence que la capacité des communautés à mobiliser leurs supporters les plus engagés.
Autre distinction importante : les internautes choisissent une année de sacre parmi les joueurs ayant remporté au moins deux Ballons d’Or. Ronaldo 2008 et Ronaldo 2017 constituent ainsi deux candidatures séparées, comme les huit éditions gagnées par Messi. Les cinq trophées du Portugais contre les huit de l’Argentin ne suffisent donc pas à invalider ce choix. En revanche, présenter cette consultation comme un verdict définitif sur le meilleur footballeur de l’histoire lui accorderait une autorité sportive que son fonctionnement ne possède pas.
Le plébiscite confirme néanmoins la force d’attraction de CR7 : avant le retrait des pourcentages publics, l’organisation reconnaissait elle-même que sa campagne 2008 dominait largement. France Football décrit d’ailleurs le BOAT comme une initiative exprimant les souvenirs et les émotions des fans. Cette présentation est cohérente avec un vote populaire. L’intitulé de « Ballon d’Or de tous les temps » entretient, lui, une promesse autrement plus ambitieuse.
La comparaison avec le Super Ballon d’Or attribué à Alfredo Di Stéfano en 1989 souligne cette différence. Plusieurs collèges participaient alors au choix, dont des anciens lauréats et un jury, aux côtés du public. Les lecteurs seuls auraient préféré Michel Platini. Ce contrepoids donnait une autre profondeur à la distinction. Ici, la possibilité d’acheter des votes supplémentaires limite fortement la valeur du classement historique. Ronaldo peut y voir une démonstration de fidélité de ses supporters. Son palmarès officiel reste, lui, fixé à cinq Ballons d’Or.