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Thierry Labrousse en confidences
Ballon tenu à une main, au cœur du combat. Thierry Labrousse dans ses œuvres face au Stade Toulousain.

l'essentiel Des doutes, une aventure humaine inoubliable, des regrets, des partenaires de haut niveau… Le "grand 8" du Sporting refait le film de sa fin de carrière agenaise.

Et dire que ça n’a tenu à rien. Que la venue en 2001 du troisième ligne international Thierry Labrousse à Agen, où il sera un élément déterminant, est le résultat de plusieurs décisions et circonstances loin d’être évidentes. Celui que tous surnommeront "Magic" revient sur cet épisode : "J’étais à Castres où ça s’était mal terminé. Je ne m’étais pas entendu, pour des raisons extra-sportives, avec Alain Gaillard (NDLR : le coach tarnais). J’ai donc fait une rupture conventionnelle avec le C.O. Mais j’avais oublié une chose, c’est que je n’avais que 30 ans et le rugby m’a vite manqué. Je n’en dormais plus la nuit…" Le téléphone sonne alors avec, au bout du fil, le manager suaviste Christian Lanta. Mais là encore, rien ne sera limpide : "Au début, je n’étais pas complètement convaincu… Mais j’avais remporté la Coupe d’Europe et le Du-Manoir avec Brive et le seul truc que je n’avais pas gagné, c’était le Bouclier. Et Christian me dit : ‘Si tu viens, on sera champions’. Agen avait une belle équipe. Quelques mois avant, avec Castres, nous avions pris 40 points à Armandie. Alors…" Restait à se remettre en selle : "J’étais donc arrivé en retard et avec aussi un retard physique. Au début, le préparateur physique Christophe Savio n’a pas été mon copain !" Voilà donc Thierry en pleine possession de ses immenses moyens et le Sporting termine en finale au Stade de France en 2002 contre Biarritz.

"On a fait mal à tout le monde"

Un sommet qui lui laisse évidemment un souvenir amer : "Bien sûr que c’est un regret. Je n’aime pas vivre dans le passé et cette finale, on ne va pas la commenter encore une fois. Il a simplement manqué vingt secondes de maturité. Une situation où l’on joue un peu bêtement. Mais l’aventure a été splendide, avec un groupe de copains. Quand tout un groupe décide où il veut aller, il peut le faire. Sinon, le plus gros budget serait champion chaque année. Et pourtant, comme je l’ai dit, au début, j’y croyais moyennement." Une épopée où le Périgourdin aura évolué au sein d’un pack titanesque, terreur du championnat : "Sur les portés, sur les mêlées, on a fait mal à beaucoup de monde, c’est vrai. Jouer dans ce pack était un régal : quand tu as Benetton et Lièvremont qui plaquent tout à côté de toi, tu n’as plus qu’à être décisif et à faire le jeu." La suite de son passage agenais ? Une demi-finale perdue contre le Stade Toulousain en 2003 ("Il faisait très chaud. Je crois qu’on fait 13 ou 14 en-avants dans le match, notamment sur la dernière action qui peut nous faire gagner.") avant une fin d’aventure plus douloureuse : "En 2004, on est éliminés par le Stade Français, avec pas mal de regrets. Et pour ma part, je me suis blessé à la cheville, je me suis fait opérer et je n’ai jamais repris. Voilà. De toute façon, le chirurgien m’avait quasiment interdit la reprise. Et quand je vois comment cette cheville me fait mal encore aujourd’hui…" Restent pour Thierry Labrousse les souvenirs d’une aventure inoubliable et, pour les amoureux du Sporting, les images d’un fabuleux joueur.

Pour mémoire, en février 2002 :

MONTFERRAND : 19 – AGEN : 27

M.-T : 13-12.

Plus de 12 000 spectateurs.

Arbitre : M. Gastou (Languedoc).

Vainqueurs : 8 P Lamaison (5) et Gelez (13, 21, 40+2, 46, 50, 65, 76) ; 1 D Gelez (70).

Vaincus : 1E Rougerie (40+4) ; 4 P (1, 29, 44, 54) et 1T Merceron.

MONTFERRAND : Marlu ; Rougerie, N’Gauamo (Chanal, 49), Marsh, Bory ; (o) Merceron, (m) Troncon ; Boome, Vermeulen (Machacek, 54-62), Audebert (Galasso, 75-83 puis Dongieu, 83) ; Jacques, Barrier ; Galasso (Gomez, 41), Pedrosa (Caputo, 77), Tolofua.

Excl. Temp. : Tolofua (68e), Vermeulen (74e).

AGEN : Lamaison ; Lafforgue (Martin, 59), Stoltz, Bouic, Manas ; (o) Gelez, (m) Barrau (Tandonnet, 78) ; Benetton (Boukanoucha, 66), Labrousse, Lièvremont ; Porcu, Couzinet ; Hasan, Piacentini (Rué, 54), Crenca.

Excl. Temp. : Labrousse (56).

L’ANECDOTE

L’international se remémore une double confrontation contre Clermont lors de la saison 2001/2002 : "Je venais juste de reprendre et Agen reçoit Clermont (NDLR : en octobre 2001) sous une tempête de pluie. On perd. Ce n’est pas un secret, mon démon était la vie nocturne, je sortais beaucoup le soir. J’étais remplaçant et depuis les tribunes, j’avais bien lu le jeu. C’était ma force. Pendant la rencontre, je dis à Christian Lanta : ‘Fais-moi rentrer, je peux te le faire gagner, ce match.’ Et Christian me répond : ‘Je m’en fous de le gagner, on verra quand tu arrêteras de sortir le soir.’ Plus tard, au retour, on va l’emporter au Michelin en faisant un très gros match, c’est un super souvenir."

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