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Trente-huitième minute de jeu. Le tableau affiche 62-61 lorsque Pardon délivre un bijou de passe à Massey sous le cercle. La Belge enchaîne, héritant cette fois d’un caviar de Musa. La première, auteure de 13 points, dont 10 en deuxième mi-temps, vient de faire basculer le sort d’un match. La seconde, omniprésente au rebond (12 au total, 7 rien qu’en rebonds offensifs), bien que freinée dans ses ardeurs par quatre fautes, dont deux offensives, clôt la marque des Landaises en signant un nouveau double double (11 points, 19 d’évaluation et une présence une nouvelle fois prépondérante). Pas celle de la rencontre : Marie-Paule Dally et son tir primé « avec la planche » totalement improbable, affole de nouveau le palpitant. Mais c’est trop tard. Dix secondes, et Basket Landes va les gérer parfaitement, contrairement aux Tango. Et le voilà toujours invaincu en championnat.
Non, ce Basket Landes - Bourges du 25 octobre 2026 n’a absolument pas dérogé à cette nouvelle règle, loin de là. Il suffit de regarder la feuille de statistiques pour prendre la mesure de l’incertitude qui a régné jusqu’au bout : des différences minimes par-ci, par-là. Et des évaluations collectives, 69 pour les locales, 62 pour les visiteuses, qui résument à elles seules la densité de débats pas toujours flamboyants mais d’une intensité totale. Dans une rencontre où l’écart maximal n’a pas dépassé les 6 points (27-33 à la mi-temps, 32-38 un peu plus tard, 67-61 à deux minutes du terme), tout s’est joué sur de petits détails. Des séries à toi, à moi. Des coups d’éclat un coup d’un côté, un coup de l’autre. Des actions clés qui dessinent au final le canevas de ce qui constitue pour Basket Landes sa prestation la plus pleine, à défaut de la plus aboutie.
« Qu’est-ce qu’on peut chercher à contrôler de mieux pour prendre ce match… Les ballons perdus, sur la deuxième mi-temps, on n’en a pas beaucoup, comme depuis le début de saison, mais ceux qu’on perd nous coûtent cher. Il faut rendre hommage à Basket Landes, leur agressivité peut faire perdre la tête, soupire Olivier Lafargue. Elles ont été très bien dans leur jeu de transition et on aurait dû ralentir ça. C’est plus une inexpérience collective qu’individuelle. » Dans le viseur du coach de Bourges, ce trois points tout en délicatesse, et dans le corner, de Sophia Elenga (45-40, 25e). Et aussi et surtout Trinity San Antonio, ses 17 points et sa propension à prendre tout le monde de court, au propre comme au figuré, soufflant souvent le chaud, comme ce deux points manqué avantageusement rattrapé par une récupération sur Marie-Paule Dally puis un tir primé (9-7, 4e).
Mais aussi parfois le froid dans une quête de régularité toujours compliquée. Dans son sillage, et ses choix parfois peu inspirés, Basket Landes a un peu perdu le fil dans un deuxième quart, perdu 9-18, qu’en face, les mobylettes Alix Duchet (17 points elle aussi) et Laura Mendez ont su emballer. Mais son regard noir, ultra-concentré, n’a jamais dévié. Ni baissé : du haut de son mètre 74, elle n’a pas hésité à aller se frotter plusieurs fois à Maëva Djaldi-Tabdi, 14 centimètres (et quelques kilos) de plus. C’est elle qui a su mettre fin à la disette des Landaises, qui venaient de subir un 0-9, par cette capacité bien caractéristique à foncer puis s’arrêter net et ajuster son tir d’un petit saut presque enfantin (47-49, 28e). Dans le sillage de la Portoricaine, ses coéquipières se sont mises au diapason pour ne plus lâcher le morceau. On était alors loin du buzzer final, mais, déjà, un petit quelque chose flottait dans l’air qui disait : ce match ne peut pas leur échapper.