Retour
À l'aube d'un possible sacre mondial, le jeune pilote Mercedes cultive une habitude aussi banale qu'inattendue.
À 20 ans, Andrea Kimi Antonelli est sur le point d'entrer dans l'histoire de la Formule 1. L'Italien pourrait devenir le plus jeune champion du monde de la discipline. Pourtant, avant de prendre l'avion pour Austin, il avait une tâche bien précise à accomplir : laver sa voiture.
Pas sa Mercedes de Formule 1, évidemment, mais son AMG GT63 personnelle. Et pas question de confier l'opération à une station de lavage automatique. Antonelli préfère tout faire lui-même, à la main, avec un soin presque maniaque.
« J'adore laver ma voiture. Je vais à la station de lavage, mais je n'utilise jamais les rouleaux. Je préfère la laver moi-même, à la main, à l'intérieur comme à l'extérieur », raconte-t-il dans un entretien accordé à RACER.
Le jeune Italien ne fait pas les choses à moitié. Il insiste notamment sur le séchage, indispensable pour éviter les traces d'eau sur la carrosserie. « Je prends mon temps, parce qu'il faut que ce soit bien fait. »
Ce rituel, qu'il répète avant chaque week-end de course, lui permet de retrouver une forme de normalité. Les autres clients de la station sont parfois surpris de croiser une vedette de la F1 occupée à nettoyer sa propre voiture.
Mais Antonelli tient à ces moments ordinaires. Chez lui, il continue de piloter sur simulateur, de faire du karting ou de rouler en GT3 à Misano avec la voiture de son père. La compétition ne le quitte jamais vraiment, mais il s'efforce de ne pas penser constamment au championnat.
« Si je pensais trop au titre, je deviendrais probablement anxieux. Et je ne pourrais pas profiter du temps passé chez moi. »
Cette capacité à prendre du recul constitue l'une des grandes différences avec sa première saison chez Mercedes. Antonelli reconnaît avoir alors voulu tout gérer, jusqu'à s'épuiser mentalement, notamment lors de son Grand Prix à domicile, à Imola.
Cette année, il délègue davantage les sollicitations extérieures à son entourage et se concentre sur l'essentiel : piloter.
Il a également gagné en décontraction au sein de Mercedes, multipliant les plaisanteries avec ses mécaniciens et son ingénieur Peter Bonnington. Toto Wolff reste toutefois une cible encore épargnée. Pour combien de temps ?
En attendant, Antonelli poursuit sa route vers un titre qui semblait encore inimaginable quelques mois plus tôt. Avec une certitude : aussi prestigieux que soit le trophée, il ne trouvera personne pour laver son AMG GT63 à sa place.