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Coupe du monde de Rugby : "La plus belle Coupe du monde jamais disputée" : l’ambition XXL de l’Australie pour 2027
Chris Stanley, directeur général de la Coupe du Monde de Rugby masculine 2027 a pris la pose le 1er octobre dernier à Sydney. Jason McCawley - World Rugby

En marge de la Coupe du monde de Rugby à XIII organisée en Australie, Nouvelle-Zélande et Papouasie-Nouvelle-Guinée et qui concerne les équipes de France masculines, féminines et de XIII fauteuil, nous avons rencontré Chris Stanley, directeur général de la Coupe du monde de Rugby à XV masculine qui aura lieu en Australie du 1er octobre au 13 novembre 2027.

À un an du coup d’envoi, l’Australie accélère les préparatifs de la Coupe du monde masculine de rugby à XV, qui se déroulera du 1er octobre au 13 novembre 2027. Pour cette édition à 24 équipes, les ambitions sont élevées pour les organisateurs qui veulent séduire un nouveau public, attirer les supporters du monde entier et laisser un héritage durable au rugby. Billetterie, accueil des supporters français, défis logistiques et retombées pour le sport, Chris Stanley, directeur général de la compétition, nous dévoile en exclusivité les coulisses d’un tournoi qui s’annonce exceptionnel.

Chris Stanley, à un an du coup d’envoi, où en sont les préparatifs ?

Nous abordons cette dernière année avec beaucoup d’enthousiasme et de confiance. Depuis plusieurs années, nous travaillons à construire des bases solides, en étroite collaboration avec les gouvernements, les sept villes hôtes et l’ensemble des acteurs du rugby. Notre ambition est claire : organiser la plus grande et la plus belle Coupe du monde de rugby jamais disputée. Nous constatons déjà un véritable engouement, en Australie comme à l’international. Il reste naturellement beaucoup de travail, mais notre priorité est de proposer une expérience exceptionnelle aux équipes, aux supporters et aux visiteurs, tout en offrant un spectacle de premier plan aux millions de téléspectateurs.

Depuis l’ouverture de la billetterie, le 1er octobre, plus de 1,3 million de billets ont trouvé preneur

Avec 24 équipes et un format élargi, quels sont les grands défis de cette édition ?

Nous avons trois grandes priorités. La première est de proposer une Coupe du monde emblématique, avec une véritable identité australienne. Avec 24 équipes, soit quatre de plus qu’en France en 2023, l’organisation prend une autre dimension. Nous devons adapter nos services aux équipes, les infrastructures d’entraînement et l’accueil des supporters. Chaque rencontre doit devenir un événement, dans nos huit stades comme devant les écrans du monde entier. La deuxième priorité est de profiter de cette compétition pour donner un nouvel élan au rugby en Australie et dans toute la région. Nous voulons séduire de nouveaux publics, notamment les familles. Cela passe par des horaires accessibles et des billets à moitié prix pour les enfants sur la grande majorité des rencontres. Nous irons également à la rencontre des écoles et des communautés locales. Le trophée Webb Ellis fera le tour du pays afin que les Australiens puissent s’approprier l’événement avant même le premier coup d’envoi. Enfin, nous voulons construire un héritage qui dépasse les six semaines de compétition. Cela suppose de faire émerger de nouvelles personnalités, d’investir dans les programmes de développement et de générer des revenus qui pourront être réinvestis dans le rugby au cours des quatre années suivantes.

Plus de 1,3 million de billets ont déjà été vendus. Comment analysez-vous cet engouement ?

Les premiers résultats sont particulièrement encourageants. Depuis l’ouverture de la billetterie, le 1er octobre, plus de 1,3 million de billets ont trouvé preneur. Cela représente plus de la moitié des 2,5 millions de places disponibles pour l’ensemble du tournoi. Autre indicateur très positif : 43 % des billets vendus à des supporters internationaux ont été achetés par des fans issus de 164 pays. Cela démontre l’attractivité de la Coupe du monde, mais aussi celle de l’Australie comme destination. Je tiens d’ailleurs à rassurer les supporters français, il n’est absolument pas trop tard pour organiser leur voyage. Des billets sont encore disponibles et nous serions ravis de les voir nombreux en Australie.

Près de 5 % de l’ensemble des billets vendus à ce jour concernent des supporters basés en France

Justement, quelle mobilisation française espérez-vous pour soutenir le XV de France ?

Il est encore difficile d’avancer un chiffre précis, mais nous savons que les supporters français voyagent en nombre et qu’ils apportent partout une passion et une ambiance extraordinaires. Nous avons déjà des signes très encourageants : près de 5 % de l’ensemble des billets vendus à ce jour concernent des supporters basés en France. Il faut également prendre en compte l’importante communauté française installée en Australie. Nous nous attendons donc à une belle mobilisation derrière les Bleus, notamment à Melbourne, Brisbane et Sydney. Ils pourront compter sur un soutien particulièrement enthousiaste.

La France constitue-t-elle un marché prioritaire, y compris pour les millions de supporters qui suivront la compétition à distance ?

Absolument. La France est un marché essentiel. Nous voulons permettre à des millions de Français de vivre pleinement la compétition depuis leur domicile et de suivre le parcours des Bleus. Nous avons notamment travaillé sur la programmation afin que de nombreux matches disputés le week-end correspondent à des horaires matinaux en France. Nous espérons ainsi voir naître de nombreux petits-déjeuners rugby à l’occasion de cette Coupe du monde ! Nous travaillerons également en étroite collaboration avec TF1, notre diffuseur partenaire en France, pour faire vivre l’événement aux supporters qui ne pourront pas se rendre en Australie.

Un voyage depuis la France représente un budget important. Comment avez-vous travaillé sur l’accessibilité de la compétition ?

Nous sommes parfaitement conscients de l’engagement financier et logistique que représente un tel voyage. C’est notamment pour cette raison que nous avons organisé le tirage au sort et ouvert la billetterie 18 mois avant le début de la compétition. Les supporters disposent ainsi de suffisamment de temps pour réserver leurs places et organiser leur séjour. L’accessibilité financière a également été au cœur de notre stratégie tarifaire. Plus d’un million de billets étaient proposés à 100 dollars australiens, soit environ 60 euros, ou moins, sur l’ensemble du tournoi. La publication anticipée du calendrier et du format de la compétition permet aussi aux supporters de mieux anticiper les éventuels déplacements de leur équipe en phase finale et de rechercher les meilleures offres pour les vols et les hébergements. Enfin, nous souhaitons que les visiteurs profitent pleinement de leur séjour. L’Australie est une destination de rêve, avec des paysages, des villes et une diversité culturelle exceptionnels. Nous voulons que le voyage ne se limite pas aux stades. Les supporters français peuvent également bénéficier de formules associant billets et prestations d’hospitalité ou de voyage, grâce à Rugby World Cup Experiences ou à Couleur Rugby, l’agence de voyages officielle pour les supporters français.

L’Australie est immense. Comment faciliter les déplacements entre les villes hôtes ?

Il n’existe pas de solution unique : chaque supporter aura un parcours différent selon la durée de son séjour, les rencontres auxquelles il souhaite assister et les régions qu’il aimerait découvrir. Notre rôle est avant tout de leur donner le maximum de visibilité le plus tôt possible. Cette volonté a guidé notre organisation, depuis l’ouverture anticipée de la billetterie jusqu’à la conception du calendrier et du format de la compétition. Notre réseau d’agences officielles pourra également accompagner les visiteurs dans la préparation de leur voyage, notamment Couleur Rugby pour le public français. Nous voulons que les déplacements fassent partie intégrante de l’expérience et que les supporters repartent avec des souvenirs de l’Australie qui dépassent largement le cadre des stades.

Comment remplir les tribunes pour les rencontres entre nations moins médiatisées ?

C’est un enjeu important. Notre politique tarifaire a été pensée pour rendre accessibles de nombreuses rencontres, y compris celles qui n’impliquent pas les grandes nations traditionnellement les plus suivies. Nous voulons permettre aux familles et aux nouveaux supporters de découvrir le rugby international dans les meilleures conditions. Le match Japon-Samoa, programmé à Newcastle, illustre parfaitement cette dynamique, il figure déjà parmi les rencontres les plus populaires, avec très peu de billets encore disponibles. Une Coupe du monde ne se résume pas aux affiches entre les grandes nations. Chaque rencontre possède son intérêt et peut offrir un spectacle passionnant. Au cours des douze prochains mois, nous allons intensifier notre travail auprès des écoles et des communautés locales pour faire découvrir les 24 nations participantes, leurs joueurs et leurs histoires. Bien sûr, les Australiens soutiendront les Wallabies, mais nous aimerions également que chacun adopte une deuxième équipe et développe un lien avec les sélections qui joueront dans sa ville. Notre ambition est de faire de chaque match un véritable événement, porté par un public nombreux et enthousiaste.

24 équipes, 52 rencontres, sept villes hôtes et huit stades : quelle est l’ampleur du défi logistique ?

C’est effectivement un chantier considérable. L’introduction des huitièmes de finale ajoute également une nouvelle étape à la compétition. Pour mesurer l’ampleur de l’organisation, nous prévoyons environ 45 000 nuitées hôtelières et plus de 10 000 vols sur l’ensemble du tournoi. Coordonner les déplacements et les hébergements dans un pays aussi vaste représente un véritable défi. Nous disposons toutefois d’une équipe d’experts et travaillons étroitement avec nos partenaires et les différents acteurs concernés afin de faciliter au maximum les déplacements des équipes, des officiels et des supporters. Pour les visiteurs internationaux, nous recommandons naturellement d’anticiper leurs réservations.

Le rugby ne bénéficie pas de la même popularité que certains autres sports en Australie. Comment comptez-vous toucher un public plus large ?

Les Australiens aiment le sport. Il fait partie de notre ADN et nous savons qu’ils répondent présents lors des grands événements internationaux. La Coupe du monde masculine de rugby 2027 sera le plus grand événement sportif international organisé en Australie depuis les Jeux olympiques de Sydney en 2000. Nous ne voulons cependant pas nous adresser uniquement aux passionnés de rugby. Cette compétition doit être bien plus qu’un rendez-vous de 80 minutes sur le terrain. La gastronomie, la musique, les cultures et les histoires des 24 nations participantes contribueront à créer une véritable fête populaire. Notre ambition est de faire de cette Coupe du monde une célébration multiculturelle et un grand événement international auquel chacun puisse prendre part, même sans être un amateur de rugby. Que l’on vienne pour les matches, pour l’atmosphère ou simplement pour vivre quelque chose d’exceptionnel, nous voulons que chacun reparte avec le sentiment d’avoir participé à un événement unique.

Au-delà de 2027, quel héritage souhaitez-vous laisser au rugby australien et au rugby mondial ?

Pour moi, le véritable héritage d’une Coupe du monde se mesure surtout à ce qui se passe après le coup de sifflet final. En Australie, nous voulons transformer l’engouement suscité par la compétition en nouvelles possibilités de pratiquer le rugby, particulièrement pour les jeunes, les femmes et les filles. Avec Rugby Australia, nous souhaitons également renforcer le rugby amateur, soutenir les clubs et former davantage d’entraîneurs, d’arbitres et de bénévoles. Ces objectifs sont au cœur de notre programme Impact Beyond Australia. L’héritage doit aussi dépasser nos frontières. Le Pacifique occupe une place fondamentale dans l’histoire et l’avenir du rugby. À travers notre programme Impact Beyond Pasifika, nous travaillons à renforcer le rugby amateur, à développer les parcours de formation et à soutenir des structures durables dans toute la région. Enfin, il existe un enjeu mondial. Nous espérons que cette édition sera une réussite commerciale majeure, car les revenus générés par nos grandes compétitions permettent à World Rugby de réinvestir dans le développement du sport, notamment le rugby féminin, la protection des joueurs, la formation et les possibilités de pratiquer et de participer aux compétitions partout dans le monde. J’aimerais que nous puissions regarder rétrospectivement 2027 comme une édition exceptionnelle, mais surtout comme un moment qui aura donné envie à de nouvelles générations de découvrir le rugby et renforcé durablement notre sport en Australie, dans le Pacifique et à travers le monde.

À douze mois du coup d’envoi, quel est le défi qui vous préoccupe le plus ?

Dans le rugby, on ne cherche pas à éviter les défis, on s’y prépare. C’est exactement notre philosophie pour les douze prochains mois. Il est impossible d’anticiper absolument tous les scénarios lorsqu’on organise un événement de cette ampleur. En revanche, nous pouvons nous préparer avec rigueur et méthode. Nous avons mis en place un programme complet de préparation opérationnelle afin d’identifier les différentes situations susceptibles de se présenter et de nous assurer que nos dispositifs seront suffisamment solides. L’année à venir sera consacrée à de nombreuses séances de formation, de tests et de mises en situation. Elles nous permettront de vérifier nos procédures et d’apporter les ajustements nécessaires. L’objectif est que, lorsque le premier match débutera, nous soyons prêts à faire face à toutes les éventualités et à offrir la Coupe du monde que nous préparons depuis plusieurs années.

Un dernier message aux supporters français qui hésitent encore à traverser la planète pour soutenir les Bleus ?

Nous savons à quel point les supporters français sont passionnés et attachés à leur équipe nationale. Leur présence apporte toujours une atmosphère particulière aux grandes compétitions internationales. Nous espérons les accueillir très nombreux en Australie, à Melbourne, Brisbane et Sydney, pour soutenir les Bleus et découvrir notre pays. Nous voulons leur offrir bien plus qu’une Coupe du monde de rugby, mais aussi une expérience inoubliable, faite de rencontres, de découvertes et de moments de partage. Nous avons hâte de les recevoir en 2027 !

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