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Le président de l’ANBB (Amicale Nièvre Basket Ball) tire la sonnette d’alarme, après que la facture d’utilisation du gymnase Bernard Farine de Flixecourt (Somme) a connu une nouvelle flambée : sa facture pour la saison dernière s’élève à 5 400 €.
Pour mémoire, elle n’était « que » de 2000 € en 2016, avant d’être multipliée par deux il y a trois ans. « 2 000 €, c’était déjà énorme, clame Benjamin Plancot. D’ailleurs, nous sommes le seul club de la Somme à payer pour l’utilisation de la salle. »
Benjamin Plancot sait de quoi il parle, lui qui est depuis dix ans le président du comité de la Somme de basket-ball. Seul club de la Somme à payer pour sa salle, l’ANBB est aussi l’un des rares clubs, tout sport confondu, à payer cette forme de loyer à Flixecourt.
Et pour cela, il y a une raison : si la plupart des clubs utilisent le complexe sportif municipal, c’est au gymnase de la cité scolaire que les basketteurs s’entraînent (ainsi que les clubs de badminton).
Or, ce gymnase n’est pas géré par la commune, mais par un syndicat intercommunal scolaire (SISCO), constitué des dix communes rattachées au collège Alfred-Manessier. Et que ces communes membres ont demandé à revoir à la baisse leurs cotisations.
« Les communes veulent moins payer, et les charges ne cessent d’augmenter, il faut bien trouver des solutions », justifie Martial Thuillier, adjoint au maire de Flixecourt et président du SISCO depuis les dernières élections municipales.
Pour l’ANBB et les autres clubs utilisant le gymnase (comme le futsal, aujourd’hui dissous, dont Martial Thuillier était justement un responsable), la situation financière est devenue plus tendue il y a quelques années.
« Lorsque le SISCO était présidé par Daniel Ansard, on ne payait que pour les créneaux des seniors. Avec Didier Métais qui lui a succédé en 2020, chaque créneau nous a été facturé », rappelle Benjamin Plancot.
Un système qui pourrait encore s’amplifier dans les mois qui viennent, puisque l’utilisation pour les matchs du week-end, gratuite jusqu’à présent, pourrait également être facturée.
On arriverait à 7 500 €, ce serait démentiel !
Ce dernier est très attaché au club de la vallée de la Nièvre, officiellement basé à Saint-Ouen mais reconnu par tous comme « le club de basket de Flixecourt ». Il y a été salarié de 1999 à 2020, avant d’en devenir le président.
« La situation est préoccupante, je n’en dors plus depuis plusieurs nuits, reconnaît-il, visiblement très touché. 4 000 €, c’était énorme. 5 400 €, c’est impossible. Alors 7 500 €…»
Préoccupé, Benjamin Plancot ne cache pas non plus sa colère…
Je ne comprends pas qu’on réduise à une stricte logique comptable une pratique sportive qui concerne autant de jeunes.
Car avec ses 130 licenciés (en constante augmentation), l’ANBB touche essentiellement les jeunes. Et aujourd’hui, c’est la survie du club qui est en question. « Si je paye la dernière facture, je n’ai plus aucune trésorerie », assure son président.
Pour Benjamin Plancot, la situation est difficilement compréhensible : « 7 500 €, c’est énorme pour l’ANBB, et ça remet totalement en cause notre équilibre. Mais pour le SISCO, c’est une goutte d’eau. »
Selon lui, l’utilisation du gymnase par l’ensemble des clubs concernés ne doit pas dépasser les 12 000 €. Soit très loin du budget du syndicat, comme le confirme un simple chiffre : 35 700 €.
C’est le montant des charges d’électricité et de gaz, en nette augmentation elles aussi. Auxquelles s’ajoutent les salaires des deux employés à plein temps, et les mensualités à rembourser pour les récents travaux d’aménagement d’un plateau sportif extérieur.
Et, d’un autre côté, la demande de communes membres de voir leur cotisation baisser. Elle est aujourd’hui de 16 € par habitant. « C’est beaucoup trop, me dit-on », lance Martial Thuillier.
Ce dernier, qui confirme que la facturation de l’utilisation du week-end est en discussion, ne se montre pas particulièrement optimiste quant à un changement de méthodes.
Oui, on va continuer à facturer à l’heure.
Martial Thuillier ouvre toutefois la porte à la discussion : « Ce sera de toute façon aux membres du SISCO de décider collectivement. Mais on appliquera les mêmes règles à tous les clubs qui utilisent le gymnase. »
Reste que le choix de facturer est spécifique de ce SISCO. À Domart-en-Ponthieu, où l’ANBB dispose de six heures par semaine, l’utilisation est gratuite. Or, le gymnase est lui aussi géré par un SISCO, que préside le maire Nicolas Maréchal.
J’ai fait le choix de la gratuité quand j’ai pris la présidence. Je me suis dit que la gratuité permettrait de faire venir plus de gens à Domart, et que c’était bon pour le commerce local, en plus d’être bon pour nos jeunes.
L’ANBB pourrait-il quitter Flixecourt ? Et se recentrer sur Domart-en-Ponthieu ou Saint-Ouen, où le club créé par Saint Frères en 1939 a longtemps joué ? Inimaginable, pour son président…
« Le gymnase de Domart est déjà très occupé, il ne suffira pas. Quant à Saint-Ouen, il y fait trop froid l’hiver. Quoi qu’il en soit, nous perdrions beaucoup de licenciés à quitter Flixecourt », estime Benjamin Plancot.
Quant au complexe sportif de Flixecourt, il est lui aussi extrêmement utilisé. Les clubs de badminton y ont désormais quelques créneaux. D’autres créneaux ont d’ailleurs été proposés à l’ANBB.
« Mais c’est un revêtement qui n’est pas fait pour le basket. Les ballons n’y survivraient pas, et ce serait trop traumatisant pour les genoux : on ne va pas risquer de blesser nos joueurs », souffle le président du club de basket.
Côté SISCO, Martial Thuillier le reconnaît pourtant : l’utilisation du gymnase par l’ANBB ne coûte rien au syndicat. Le chauffage est réglé au minimum (entre 16° et 18°), et même les poubelles sont retirées en dehors des heures scolaires.
La situation semble bien inextricable. « Je n’ai pas de réponse précise à apporter aujourd’hui, confirme Martial Thuillier. Je ne suis président que depuis quelques mois, j’en saurai sans doute plus dans quelques semaines. »
Inquiet quant à l’avenir de l’ANBB, son président s’est fendu d’une lettre ouverte sur les réseaux sociaux pour alerter sur la situation du club. « Je ne voulais pas en arriver là, peste Benjamin Plancot. Mais il faut que les gens soient au courant. »
C’est donc la survie même de l’unique club de basket de la Somme à payer l’utilisation de sa salle qui est en jeu, malgré sa bonne dynamique en termes de licenciés. La balle est dans le camp du SISCO.