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Jean Le Cam, c’est fini
Jean Le Cam sur Allegria

S'il participe bien à la Route du Rhum cette année, Jean Le Cam a renoncé à la catégorie IMOCA au profit d'un ancien monocoque restauré, délaissant totalement le classement général.

Malgré ses 67 ans, Jean Le Cam n’est pas à la retraite. Figure incontournable de la course au large, le skipper finistérien a néanmoins choisi de tourner la page de la classe Imoca pour s’engager dans une aventure résolument différente. Au départ de la Route du Rhum, l’emblématique navigateur quimpérois ne s’aligne pas à la barre d’une machine de guerre volante à foils, mais au commandement d’un Swan 59 baptisé Alegria.

Inscrit dans la catégorie Rhum Mono — véritable écrin des voiliers classiques et « vintage » —, le « Roi Jean » opère un retour aux sources assumé, loin de la surenchère technologique et financière du circuit moderne. Ce virage stratégique résulte d’une rupture consommée avec l’évolution de la classe Imoca.

Excédé par des règles de qualification qu’il juge inégalitaires et injustes, Le Cam avait poussé un coup de gueule retentissant au moment d’annoncer son retrait : « Pendant trois ans, tu cherches des millions d’euros et tu n’as aucune garantie d’être au départ. » Fervent défenseur des bateaux à dérives droites face à l’hégémonie des foilers, il avait même proposé d’instaurer un double classement pour l’édition 2028 du Vendée Globe.

« Un pas de côté par rapport au Vendée Globe »

Essuyant une fin de non-recevoir, le marin aux six participations autour du monde — dont cinq bouclées et quatre dans le top 6 — a préféré dire stop à ce qu’il qualifie d’« élitisme le plus complet, sans vision du futur ». Son célèbre 60 pieds Virgile a ainsi été mis en vente, scellant la fin d’une époque.

Pour autant, pas question d’abandonner le large. « C’est un pas de côté par rapport au Vendée Globe. On a changé notre fusil d’épaule pour partir sur un projet plus raisonnable, plus confortable », a confié à L’Equipe celui qui compte également trois victoires sur La Solitaire du Figaro.

C’est à bord d’un Swan 59 acheté aux États-Unis et patiemment rénové durant cinq ans que Jean Le Cam poursuit sa passion. Ce monocoque au charme intemporel tout en boiserie ne constitue pas seulement une monture pour traverser l’Atlantique, mais le pilier d’un futur projet européen solidaire.

Sur la route de Pointe-à-Pitre, Jean Le Cam aborde la compétition avec un regard détaché mais toujours aiguisé. Même s’il pointe à la 8e position de sa catégorie, accusant un retard de 256 milles sur Tanguy Caradec — le fils du regretté Loïc Caradec —, le skipper vise avant tout une traversée maîtrisée d’une vingtaine de jours. Une parenthèse océanique qui n’est qu’un début : infatigable, le Finistérien se projette déjà vers de nouveaux défis pour l’année prochaine, évoquant même la possibilité d’imaginer, à terme, une nouvelle course autour du monde à son image.

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