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"Je veux des joueurs qui donnent leur vie sur le terrain" : Dinan-Quévert à la chasse au titre de champion de France
Cirilo Garcia / Dinan-Quévert
Ancien de Coutras, Saint-Omer ou Quévert, Cirilo Garcia a une solide expérience. ©Le Petit Bleu / Esteban Puche

La reprise du championnat de rink-hockey approche et Dinan-Quévert (Côtes-d’Armor) s’est bien préparé pour conquérir le titre de champion de France. A quelques jours de la reprise, entretien avec le coach, Cirilo Garcia.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, comment se sont passées vos vacances ?

Je suis allé en Espagne, j’ai regardé la finale de la coupe du monde de foot là-bas. Pas facile pour moi en tant qu’Argentin (rires). Mais, ces moments sont importants pour couper.

Sinon, tu repenses, tu analyses les matches… tu prépares aussi la saison à venir. Donc dès que je quitte Dinan, ça me permet de penser à autre chose qu’au hockey. Je peux de me ressourcer.

Comment s’est déroulée l’intersaison avec l’arrivée de trois nouveaux joueurs ?

On commence à être habitué à gérer les départs et les arrivées. On a pu anticiper assez tôt en recrutant rapidement.

Mais c’est toujours difficile de voir partir des joueurs. Tu les côtoies très régulièrement tout au long de la saison, mais c’est comme ça. Et puis, je suis content car quand ils partent, c’est pour des équipes professionnelles.

C’est une fierté pour toi de voir les joueurs partir au niveau pro après leur passage à Quévert ?

Je l’ai jamais vu sous cet angle-là car ce qui m’importe c’est le collectif. C’est le résultat de l’équipe qui m’intéresse donc tant mieux s’ils ont progressé mais je préfère les garder auprès de moi pour avoir la meilleure équipe (sourire).

On sent que l’écart se resserre avec Saint-Omer, c’est un point positif ?

Quand on a commencé le projet il y a trois ans, on avait 19 points d’écart avec Saint-Omer. J’ai discuté avec les dirigeants. On pouvait ramener trois-quatre joueurs s’en être sûr d’être champion, mais j’ai préféré travailler sur le long terme. Je sens l’écart se rétrécir mais il nous en manque encore un peu.

Qu’est-ce qui fait la différence ?

Fabien Savreux (le coach de Saint-Omer) travaille beaucoup depuis des années. Ils ont été patients car eux aussi ils ont connu des périodes plus délicates. Mais aujourd’hui, ils ramassent les fruits de tout leur boulot.

Nous, il a fallu recadrer certains points. Il fallait repartir avec une équipe solide. Aujourd’hui, on a trois joueurs formés au club qui jouent en première. On a ce projet d’intégrer des jeunes.

Tous les mardis, un d’entre eux vient avec nous. J’essaye de leur donner leur chance, mais il faut aussi qu’il la gagne.

La question des jeunes et de leur intégration a souvent été un sujet, comment vous gérez cela ?

Je pense qu’il faut s’inspirer de ce que font les très grands clubs. Ils vont prêter leurs jeunes joueurs à d’autres clubs pour qu’ils finalisent leur formation. Et une fois qu’ils sont prêts, ils les récupèrent. Mais je pense qu’il y a aussi un problème de modèle de championnat. En France, on ne peut pas aligner une équipe en N2…

Donc c’est compliqué pour faire jouer les jeunes joueurs. Mais je regarde tous ceux qui sont partis.

Cela fait trois ans que vous êtes aux manettes de l’équipe, comment vous qualifiez le style de votre équipe ?

Quand je suis arrivé, j’ai dit aux gars qu’on avancerait pas à pas pour arriver à ce que je voulais proposer. J’ai insisté sur l’attitude. On doit être prêt pour jouer un match comme pour s’entraîner.

Je veux du caractère, des joueurs qui donnent leur vie sur le terrain. Et contrairement à ce que j’étais sur le terrain (NDLR : un redoutable renard des surfaces), j’insiste beaucoup sur l’aspect défensif. D’ailleurs, on est sur la bonne voie sur cet aspect car l’année dernière, on a terminé meilleure défense.

On vous voit aussi très calme sur le banc de touche, c’est important d’apporter de la sérénité ?

Je suis un tout jeune coach. Je découvre aussi ce rôle. Quand tu es joueur, le stress part lorsque le match commence. Pas quand tu es entraîneur !

Lors de ma première année, c’était assez difficile à gérer car ça peut impacter ta vie personnelle. J’ai beaucoup lu sur le sujet pour m’informer et pour comprendre car je n’étais pas préparé à ça. Maintenant, j’essaye de transmettre du calme.

Vous êtes aussi le père de Mattéo Garcia, un joueur en pleine progression. Ce n’est pas trop difficile de coacher son fils ?

Ah, la question piège ! (rires). Je l’ai toujours entraîné depuis qu’il est petit. Mais j’avoue qu’au départ, ce n’était pas forcément évident. Matteo était un encore un ado, ce n’est pas non plus les périodes les plus faciles à vivre. Mais Lucas Decon (NDLR : le préparateur physique de l’équipe) m’a beaucoup aidé. Il a parlé avec lui. C’est un joueur comme un autre. En revanche, à la maison, c’est interdit de parler de hockey (rires).

Quel est votre rêve en tant qu’entraîneur ?

C’est difficile à dire. Je suis encore un tout jeune coach. Je suis à fond dans le projet du club. L’un des objectifs, c’est d’être champion. Mais, je ne vois pas que ça. Je veux avoir une équipe solide pour qu’elle reste longtemps en haut du classement.

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