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40e édition des Foulées de Montereau : entre prestige et popularité, la folle ascension d'une course devenue référence
Dès les années 80 (ici une photo de l'édition 1987), les Foulées monterelaises attiraient plusieurs centaines de coureurs
Dès les années 80, les Foulées monterelaises attiraient plusieurs centaines de coureurs ©Photo transmise à RSM77

En 1984, ils étaient 354 à prendre le départ de la première Foulée monterelaise. 40 éditions plus tard, le 10 km est devenu une course reconnue bien au-delà de Montereau et de la Seine-et-Marne, attirant des athlètes de toute la France et du monde entier. Retour sur quatre décennies de course à pied qui seront célébrées comme il se doit le dimanche 25 octobre, à l’occasion d’une édition 2026 qui pourrait tutoyer les sommets.

Du 15 au 10 km

Il faut remonter au samedi 3 novembre 1984 pour voir naître les Foulées monterelaises. La course à pied connaît alors un véritable essor et les épreuves se multiplient, notamment à Melun et Fontainebleau. Montereau se lance à son tour sous l’impulsion de Claude Sigonneau et de son équipe. À l’époque, pas encore de 10 km : l’épreuve principale se dispute sur 15 km, à travers le centre-ville, les ponts et jusqu’à Surville, avec notamment la redoutable côte longeant le cimetière.

Ils sont 354, dont 60 femmes, à participer à cette première édition. Sur le 15 km, le Provinois Didier Verhaegue s’impose en 45’27, seulement deux secondes devant Thierry Schwartz. Le 5 km revient au Bellifontain François Jodar en 13’54. Suspense, performances et coureurs venus de clubs parfois éloignés : les ingrédients qui feront le succès de l’épreuve sont déjà présents.

En 1995, Daniel Sigonneau reprend le flambeau de son frère Claude. Trois ans plus tard intervient l’un des principaux tournants de l’histoire des Foulées : le 18 octobre 1998, la distance reine passe de 15 à 10 km. Le tracé, lui aussi, évolue au fil des années avant de se stabiliser autour d’un circuit particulièrement rapide, propice aux performances.

Chaque année, plus de 1 000 participants prennent le départ de la course
Chaque année, plus de 1 000 participants prennent le départ de la course ©Photo transmise à RSM77

Prestige, popularité et records

La reconnaissance arrive rapidement. Un premier label régional est attribué en 1999, avant le label national en 2004 puis international en 2023. Aujourd’hui dotées du label or, plus haut niveau de labellisation des courses sur route décerné par la Fédération française d’athlétisme (FFA), les Foulées monterelaises se sont progressivement installées parmi les rendez-vous importants de la discipline en France.

Le nombre de participants témoigne de cette progression. En 2012, la barre des 1 000 coureurs est franchie pour la première fois : 1 079 athlètes sont présents, contre 820 l’année précédente. Elle le sera neuf autres fois par la suite, jusqu’au record de 1 278 classés en 2025.

La réputation de l’épreuve dépasse progressivement les frontières de la Seine-et-Marne. Au cours des 39 premières éditions, plus de 60 départements et 45 pays ont été représentés dans le peloton, des États-Unis à la Chine en passant par le Burundi, le Brésil ou la Norvège.

En 2025 encore, les participants représentaient 111 clubs et 26 départements. Cette internationalisation se retrouve au palmarès. Le Belge Geert Derrudere devient en 1991 le premier étranger à s’imposer. Six ans plus tard arrive la première victoire kényane. Le niveau ne cessera ensuite de grimper.

Les chronos constituent justement l’une des marques de fabrique de Montereau. En 2009, le Burundais Ezzechiel Nizigiyimana boucle les 10 km en 28’17, deux secondes devant le Kényan Samson Kiflemaria. 17 ans plus tard, personne n’a encore fait mieux. Chez les femmes, la référence appartient depuis 2012 à la Kényane Mary Wacera Ngugi avec 31’28, trois secondes devant Goretti Jepkoech.

Au total, 33 hommes sont descendus sous les 30 minutes et 18 femmes sous les 33 minutes. Les Foulées ont également accueilli 18 athlètes sélectionnés aux Jeux olympiques. Parmi eux figurent Morhad Amdouni, Mekdes Woldu, victorieuse à Montereau en 2013, ou encore Dominique Chauvelier, présent en 2005.

Plus récemment, en 2022, le Bellifontain Louis Gilavert s’est imposé en 28’38 devant l’Érythréen Ghebrezlasie et le Kényan Ogari. Le double sélectionné olympique reste le dernier Français à avoir remporté l’épreuve.

Le record de 28'17 min sera-t-il battu cette année ?
Le record de 28’17 min sera-t-il battu cette année ? ©Photo transmise à RSM77

« En 2008, le gagnant a été disqualifié pour avoir couru sous un faux nom »

Une rétrospective qui illustre parfaitement le chemin parcouru par les Foulées en 42 ans d’histoire et 39 éditions : « Nous avons toujours suivi à la lettre les conseils des juges-arbitres pour nous améliorer. C’est ce qui nous a permis de progresser petit à petit jusqu’à obtenir le label or », confie Daniel Sigonneau.

Et s’il ne devait retenir qu’une édition, l’organisateur des Foulées choisirait sans hésiter 2008 : « Cette année-là, le gagnant avait été disqualifié parce qu’il courait sous un faux nom. Nous avions été prévenus que la personne qui portait réellement ce nom disputait, au même moment, une autre course dans la région », raconte-t-il.

Mais l’anecdote ne s’arrête pas là, puisque ce gagnant disqualifié n’était autre que le Burundais Ezzechiel Nizigiyimana, qui reviendra l’année suivante, cette fois-ci sous son vrai nom, pour remporter la course et établir le record de l’épreuve, qui n’a depuis jamais été battu.

La 40e édition s’inscrit dans cette continuité. Pour 2026, 29 nationalités, 121 clubs FFA et 52 départements français sont ainsi représentés. Le CS Provins Athlétisme sera le club le plus présent, tandis que le Centre hospitalier du sud Seine-et-Marne (CH Sud 77) alignera 62 participants. Enfin, quatre femmes et neuf hommes figurent parmi les prétendants annoncés à la victoire.

« Depuis le 27 septembre, nous avons atteint le nombre maximal d’inscrits : 1 450. Cela pourrait nous permettre de battre le record de coureurs à l’arrivée (1278, ndlr), s’il n’y a pas autant de désistements qu’en 2025 (169, ndlr). Du côté des favoris, nous avons beaucoup de jeunes coureurs africains qui disputeront leur première course en Europe, dont certains ont des temps référence proche du record des Foulées », conclut-il.

Tous les amateurs de course à pied ont donc rendez-vous rue Léo Lagrange, dimanche 25 octobre à 10 h, pour le départ d’une 40e édition qui promet un beau spectacle.

Horaires : départ à 10 h de la rue Léo Lagrange et arrivée vers 10h30 sur l’avenue du Maréchal Leclerc

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