Apex Scores Lite Apex Scores Lite flag
back Retour
Pourquoi la Fédération française du sport automobile risque de perdre son agrément ?
Pourquoi la Fédération française du sport automobile risque de perdre son agrément ?

Marina Ferrari, ministre des Sports, a engagé une procédure pouvant priver la FFSA de son agrément ministériel, après un rapport d'inspection particulièrement sévère.

Depuis plusieurs mois, la Fédération française du sport automobile traverse une période agitée. L'élection de Pierre Ragues à la présidence, en avril 2026, devait ouvrir une nouvelle page. Mais le dossier est désormais entre les mains du ministère des Sports, qui estime que les manquements constatés justifient d'envisager une sanction exceptionnelle.

Comment la FFSA en est arrivée là ?

Le 22 octobre 2026, Marina Ferrari a confirmé dans un entretien accordé à L'Équipe le lancement d'une procédure de retrait de l'agrément de la Fédération française du sport automobile. La ministre s'appuie sur les conclusions d'une mission d'inspection générale dont elle a reçu le rapport en septembre. Les constats portent notamment sur le respect du Code du sport, les règles de fonctionnement démocratique des instances et une situation sociale préoccupante au sein de la fédération. Le dossier ne date pas d'hier. À la fin du mois de mars, le ministère avait lancé une mission d'inspection pour examiner le fonctionnement et la gouvernance de la FFSA. Les soupçons portaient notamment sur l'influence qu'auraient conservée d'anciens présidents, Jacques Régis et Nicolas Deschaux, au moyen d'organes dont la conformité aux statuts était contestée. Les conclusions de l'inspection ont depuis donné une nouvelle dimension à ces interrogations.

La bataille entre dirigeants s'est également jouée autour de la présidence. Pierre Gosselin, élu à la fin de 2024, a été écarté en mars 2026. Le 22 avril, Pierre Ragues, pilote et chef d'entreprise, lui succède après un scrutin remporté avec 1817 voix contre 1440. Le nouveau président a été élu pour le reste du mandat 2026-2028, dans un contexte déjà marqué par l'enquête administrative. Mais le changement de président n'a pas suffi à refermer le dossier. La dimension sociale inquiète aussi la ministre. Marina Ferrari évoque une souffrance importante parmi les salariés et regrette que les demandes de mise en conformité des statuts n'aient pas abouti malgré plusieurs échanges avec les responsables de la fédération. Elle mentionne par ailleurs des soupçons de conflits d'intérêts, en prenant soin de les présenter comme tels. Le ministère avait également effectué un signalement au procureur de la République de Paris, concernant certaines pratiques et l'attribution de subventions.

Que changerait une perte d’agrément pour le sport automobile français ?

La procédure ouverte par Marina Ferrari ne signifie pas que les compétitions vont s'arrêter du jour au lendemain. Selon l’article R. 131-9 du Code du sport, l'agrément peut notamment être retiré lorsqu'une fédération ne remplit plus les conditions requises, en particulier en cas de manquement grave à ses statuts ou de non-respect des règles applicables. L'article R. 131-10 impose une décision motivée du ministre, publiée au Journal officiel, après que la fédération a pu présenter ses observations. La FFSA dispose ainsi de 15 jours pour répondre aux griefs qui lui sont adressés. Elle peut contester les constats, apporter des explications et défendre son fonctionnement.

L'enjeu est important, car la FFSA encadre plusieurs disciplines, du rallye au karting, en passant par les courses sur circuit, la montagne et le tout-terrain. Elle organise la pratique fédérale, délivre les licences et participe à la structuration de la compétition automobile en France. Pour les pilotes amateurs, les clubs et les organisateurs, l'incertitude porte donc sur la continuité du cadre fédéral et sur les conséquences d'une éventuelle sanction. Il faut néanmoins distinguer l'agrément ministériel de la délégation accordée à une fédération pour exercer certaines missions officielles car ces deux statuts ne se confondent pas. À ce stade, aucune interruption générale des courses ni annulation automatique des licences ne découle de la seule ouverture de la procédure. La suite dépendra autant de la réponse apportée aux inspecteurs que de la capacité de la fédération à rétablir un fonctionnement accepté par ses membres.

Vous aimerez peut-être

La FFSA dans le collimateur du Ministère des Sports : une rare procédure est enclenchée

f1i.autojournal.fr il y a 4 heures

« Les gens de mon âge pratiquent plutôt le sport depuis leur canapé » : il est champion du monde ...

SUD OUEST il y a 2 jours