Retour
Adrian Newey refuse de tirer des conclusions prématurées sur la compétitivité du moteur Honda pour la saison 2027 de Formule 1 en mettant en garde contre des espoirs trop élevés à court terme.
Le team principal de l'écurie Aston Martin a également clarifié les circonstances de la visite de Lawrence Stroll au Japon après le Grand Prix de Singapour, assurant qu'il ne s'agissait pas d'une réunion de crise.
Alors qu'Aston Martin peine à rivaliser régulièrement avec les meilleures équipes du plateau, les performances de son unité de puissance Honda font l'objet de nombreuses interrogations.
La visite de Lawrence Stroll auprès du constructeur japonais, organisée après le Grand Prix de Singapour, avait notamment suscité des spéculations concernant l'avenir du partenariat.
Interrogé avant le Grand Prix des États-Unis, Adrian Newey a toutefois tenu à relativiser l'importance de ce déplacement : « Tout d'abord, il s'agissait d'une réunion programmée. Honda et Aston Martin organisent des réunions entre leurs principaux dirigeants tous les deux ou trois mois. Celle-ci faisait simplement partie de ce calendrier. »
Newey a précisé que plusieurs représentants d'Aston Martin, dont lui-même, avaient participé aux discussions à distance. L'ingénieur britannique n'a cependant pas souhaité révéler si Honda avait présenté des garanties précises concernant les progrès attendus pour 2027.
La question du déficit de performance actuel demeure particulièrement importante pour Aston Martin, qui cherche à identifier les domaines dans lesquels elle doit progresser.
Interrogé sur la part de responsabilité du châssis et celle du moteur Honda, Newey a refusé d'établir une répartition chiffrée. Il a néanmoins reconnu que le déficit de puissance était identifiable à travers le système ADUO, destiné à accorder des possibilités supplémentaires de développement aux motoristes en difficulté.
« Le déficit actuel est assez clair. On peut le constater grâce à l'ADUO, a-t-il indiqué. L'ADUO mesure uniquement la puissance. Or, comme nous le savons tous, de nombreux autres facteurs influencent les performances globales d'un moteur une fois installé dans le châssis. »
Le refroidissement, l'intégration mécanique et l'interaction entre les différents composants peuvent notamment influencer le rendement général d'une monoplace. Selon lui, l'analyse des données GPS constitue un moyen plus pertinent de comprendre les écarts entre les voitures sur les différentes portions d'un circuit.
Concernant 2027, Newey reconnaît néanmoins observer plusieurs développements encourageants chez Honda. Le motoriste japonais travaille actuellement sur différents projets destinés à améliorer son unité de puissance, même si certains se trouvent encore à un stade précoce.
« Il y a beaucoup d'énergie et plusieurs projets en cours. Certains n'en sont qu'aux premières étapes de leur développement, mais nous y voyons un potentiel très prometteur », a-t-il déclaré.
Malgré cet optimisme mesuré, Newey estime qu'il serait prématuré de prédire le niveau de compétitivité du moteur au début de la prochaine saison. Il a également évoqué la possibilité de poursuivre certains développements en cours de championnat, sous réserve des autorisations réglementaires.
Ces évolutions pourraient notamment intervenir après la première période d'évaluation, autour de la huitième course, si le cadre défini par le comité consultatif des unités de puissance (PUAC) le permet. Pour Aston Martin, l'enjeu sera donc de transformer les projets actuellement développés par Honda en gains concrets sur la piste.