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Le projet de reprise comportait une idée spectaculaire associant le club nantais à une personnalité mondialement connue qui n’avait pourtant jamais été contactée.
Le projet porté par Phenix Capital pour racheter le FC Nantes comportait déjà de nombreuses zones d’ombre. Investisseurs difficiles à identifier, garanties financières insuffisantes et conseillers parfois intégrés au dossier sans avoir été avertis : Waldemar Kita a fini par interrompre les négociations. Mais une idée particulièrement improbable illustre encore mieux le caractère baroque de cette tentative de reprise.
Le nom du célèbre rappeur américain aurait circulé parmi les personnalités susceptibles d’accompagner le projet. L’objectif aurait été d’associer Snoop Dogg à un travail mémoriel autour de l’histoire de Nantes et de la traite négrière. La ville fut le principal port français impliqué dans ce commerce et accueille aujourd’hui le Mémorial de l’abolition de l’esclavage.
Interrogé par L’Équipe, Charles Kashema, directeur de la communication de Phenix Capital, a toutefois reconnu qu’« aucun contact n’a été pris ». Il s’agissait seulement d’une « réflexion à plus long terme », inspirée par le mouvement de plusieurs artistes noirs américains partis à la recherche de leurs origines liées à l’esclavage. Snoop Dogg n’avait donc donné aucun accord et ignorait vraisemblablement tout de cette éventuelle association.
L’idée pouvait s’inscrire dans une démarche culturelle ambitieuse, mais elle paraît totalement déconnectée de l’urgence du dossier. Alors que les candidats réfléchissaient à un ambassadeur mondial, ils n’étaient toujours pas en mesure de fournir à Kita les garanties nécessaires pour une opération estimée autour de 100 millions d’euros. Après plusieurs délais supplémentaires, le propriétaire nantais a perdu patience. La présence fantasmée de Snoop Dogg restera ainsi comme l’un des détails les plus étonnants d’un projet qui semblait parfois travailler davantage son récit que son financement.