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Dès cette semaine, le plaquage pivotant sera interdit sur toutes les pelouses de Top 14 et Pro D2. Cette technique a engendré de trop graves blessures et World Rugby a décidé de durcir le ton, soucieuse du bien-être des sportifs. « Mais bon courage pour arbitrer ça », rétorque Clément Poitrenaud. Ravi qu’un tel geste soit plus sévèrement sanctionné, l’entraîneur de l’attaque du Stade Toulousain s’interroge toutefois sur la cohérence des décisions qui seront prises par les arbitres. Cela pourrait bien générer de l’incompréhension et provoquer de nouvelles polémiques dont le rugby français se passerait bien.
Clément Poitrenaud accorde « du crédit à chaque chose qui peut protéger les joueurs », mais soulève un vrai problème : « Certaines situations seront difficiles à arbitrer parce qu’elles seront soumises à interprétation. »
Et cette « interprétation » risque de créer une véritable zone grise, dans laquelle les avis divergeront et où les décisions arbitrales seront contestées.
"Il y a des plaquages volontairement faits pour blesser, qui peuvent être vraiment très dangereux. Il y en a d’autres où les joueurs se retrouvent dans ces situations et ne peuvent malheureusement pas forcément faire autrement. [...] Ce sera arbitré, mais cela risque d’être très difficile pour les officiels.
La volonté commune est toutefois d’être sévère avec ces plaquages pivotants par derrière où des joueurs, après une course poursuite, plaquent l’adversaire tout en se laissant volontairement tomber sur une articulation (cheville ou genou) pour faire mal et causer des dommages. « Il y a eu de très graves blessures », déplore Clément Poitrenaud.
L’ailier des All Blacks, Leroy Carter, en a par exemple été victime contre l’Australie récemment, au moment même où il marquait un essai. Sa saison a été brutalement stoppée : il a été opéré et plusieurs mois d’absence sont prévus. Il n’est pas le seul en 2026.
World Rugby a indiqué début octobre que la sanction prévue pour un joueur auteur d’un plaquage pivotant sera a minima une pénalité.
Mais du côté de l’arbitrage français, le flou était total et on espérait avoir davantage de précision. « À ce jour (9 octobre, NDLR), nous n’avons pas reçu de cadre suffisamment précis sur les sanctions attendues pour ce type de plaquage », avait pesté auprès de Midi Olympique Mathieu Raynal, responsable de la cellule haute performance de l’arbitrage français.
Si la volonté de World Rugby de protéger un maximum les joueurs a été saluée avec l’interdiction du plaquage pivotant, le timing a également fortement interpellé. De telles règles entrent souvent en vigueur lors de la fenêtre internationale de juillet, et non à l’automne, où les championnats domestiques européens ont tous repris.
Cette décision va obliger les joueurs à adapter leurs attitudes et leurs gestes au moment du plaquage, afin d’être plus propres et plus précis lors d’un plaquage pivotant. Et cela peut prendre du temps. L’intersaison aurait été idéale pour parfaire les appuis, le côté d’impact…
Là, les joueurs de Top 14 et de Pro D2 n’en ont pas : l’interdiction est désormais effective, alors que le week-end dernier, cette technique de plaquage était encore autorisée.