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Ça s’est mal passé : les Français ont pris 78 points et Léo n’a pu jouer que huit minutes, victime d’une commotion après qu’un de ses coéquipiers a percuté sa tempe dans un plaquage. « Je ne me suis rendu compte de rien au départ. Mais le staff s’est aperçu que je n’entendais rien. Et en faisant les tests du protocole commotion, là, j’ai compris qu’il y avait un souci. » Et il a vu ses coéquipiers se faire broyer par les Samoans depuis les tribunes.
« Quatre-vingt-quatre points, c’est lourd, analyse-t-il. Mais ces joueurs font presque tous partie du top 30 mondial. On a affronté la crème de la crème. Ce n’est ni inquiétant ni surprenant. On aurait peut-être mérité de marquer un peu plus. Bon, physiquement, on a eu du mal. On était en Australie depuis à peine une semaine. On a pris des essais faciles et mentalement, ça fiche un coup. » Et au rugby, à XIII ou à XV, quand on lâche un peu, on prend beaucoup…
Mais Léo est en Australie. Un Arcachonnais a-t-il déjà disputé avec le maillot bleu une Coupe du monde ? Pas sûr… Lui, oui. Mais pour l’instant, il fait des origamis avec sa frustration. « J’ai dix jours de reprise, soupire-t-il. Avec un protocole, tu as deux jours sans rien faire et ensuite tu reprends doucement le vélo, la course et mardi, les contacts. Et donc, je rate le match contre l’Angleterre samedi à 8 h 35. Je donnerai tout le samedi d’après contre le Liban, pour notre dernier match de poule. L’objectif est d’en gagner au moins un. »
« J’attends ce moment depuis tellement longtemps »
Le Liban ? Une équipe de rugby ? « Oui, et même une bonne équipe de rugby. » Mais avec une très petite dose de pur Libanais : « Elle est composée de beaucoup d’Australiens qui se sont trouvé des grands-parents libanais ! » De nos jours, le sport de haut niveau est étonnant. « Ce sera ma dernière cartouche, j’espère évacuer toute ma frustration face à eux ! J’attends ce moment depuis tellement longtemps. C’est quand même exceptionnel de participer à une Coupe du monde. »
Et ça n’était pas gagné. Léo accepte le mot « d’ovni » pour caractériser sa place dans le XIII de France. Parce qu’il vient du XV. Il a commencé au S.A. Arcachon, joué à l’Union Athlétique Gujan-Mestras Rugby, sur la pelouse du stade Michel Bézian. Il s’est tourné vers le XIII en 2024, après la fin de son contrat avec Carcassonne. C’était pour rigoler, nous avait-il confiés. Sauf qu’il a dès sa première année remporté la Coupe de France avec les Baby Dracs. Puis rejoint en 2025 les Dragons Catalans en Super League. Il a marqué tant d’essais qu’il a fini par décrocher sa première sélection avec le XIII de France contre la Jamaïque en octobre 2025 et même marqué un essai à la 36e. Et enfin la Coupe du monde.
« Je n’ai aucun regret d’avoir laissé le XV. » Forcément. Pas le moindre ? « Les rucks, le jeu au sol du XV, me manquent un peu quand même… » Il s’est adapté vite et bien au rugby à XIII, plus haché que le XV, où chaque joueur plaqué doit poser le ballon au sol et le talonner pendant que son adversaire recule. « Ça change du XV oui, on appelle ça des tenus. Ils permettent de faire vivre le jeu plus vite. Mais tout ce qui m’arrive, je l’ai gagné ! C’est vrai que si on m’avait prédit ça il y a deux ans, jamais je ne l’aurais pas cru. Mais après cette saison, je l’espérais vraiment, même si personne ne s’y attendait. J’ai ma première sélection contre la Jamaïque alors que je joue au XIII depuis neuf mois ! »
« C’est du travail, pas de la chance »
Il a éclaté en quelques mois. Et Léo a bien du mal à dire pourquoi : « Je joue ailier. Au XIII, l’ailier lance le jeu et finit l’action. J’étais dans une bonne équipe et j’ai marqué pas mal d’essais. Pourquoi tout s’est-il aussi bien passé ? C’est du travail, pas de la chance. Mais je ne sais pas répondre à cette question. »