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Le rêve est posé sur la table. Interrogé par Ouest-France, Philippe Diallo, président de la Fédération française de football, a ouvert la porte à une candidature de la France pour la Coupe du monde 2038. Pas seule : avec l’Allemagne, et peut-être un troisième partenaire.
Le président de la FFF n’a pas avancé de nom mystère, mais il ne s’est pas caché non plus : « On commence à avoir quelques idées », glisse-t-il. Sur l’Allemagne, il est plus clair : « Je dirais que nous entretenons d’excellents rapports avec la Fédération allemande. » La DFB a déjà fait savoir qu’elle souhaitait accueillir le Mondial en 2038 ou en 2042.
Pourquoi s’associer ? Parce que le Mondial a changé d’échelle. Depuis le passage à 48 sélections, plus aucun pays européen de taille moyenne ne peut organiser seul. Diallo le résume sans détour : « À 48, il faut au moins seize stades de grande taille. » La France, qui avait accueilli l’édition 1998 avec dix enceintes, en est loin.
Avant de foncer, le patron du foot français veut d’abord connaître les règles du jeu. « Il faut déjà connaître le cahier des charges », prévient-il. Une prudence d’autant plus justifiée que le format pourrait encore évoluer, certains évoquant un tournoi à 64 équipes.
Surtout, Diallo sait que rien ne se fera sans le pouvoir politique. « Ce sont des projets très lourds, dans lesquels il faut aussi le soutien des pouvoirs publics et de l’État français », insiste-t-il. Or, la France entre dans une période électorale, avec l’élection présidentielle prévue au printemps 2027. Autant dire que le dossier dépendra largement du prochain locataire de l’Élysée.
La FFF ne met pas pour autant tous ses œufs dans le même panier. « Nous aimerions aussi organiser l’Euro de futsal (en 2030) », ajoute Philippe Diallo, signe que la fédération veut multiplier les grands événements sur son sol.
L’idée d’un Mondial franco-allemand a de quoi séduire sur le papier. Deux grandes nations du football, des infrastructures solides, une proximité géographique idéale. Mais la concurrence sera rude, et le calendrier de la FIFA impose une rotation entre les continents : l’Europe, qui accueille déjà une partie de l’édition 2030, devra convaincre.
Reste ce fameux troisième pays. Belgique ? Suisse ? Pays-Bas ? Pour l’instant, la FFF ne dit rien, et toutes les hypothèses relèvent de la spéculation. Le feuilleton continue, et il risque de durer plusieurs années.
Côté calendrier, rien ne presse officiellement : l’attribution de l’édition 2038 n’interviendra pas avant plusieurs années. Mais en coulisses, les grandes manœuvres commencent toujours très tôt. En prenant la parole dès maintenant, Philippe Diallo place ses pions, envoie un message à ses homologues européens et teste l’appétit des responsables politiques français. Une manière habile de lancer le débat sans s’engager formellement, ni prendre le risque d’un camouflet.
Une chose est sûre : quarante ans après 1998, la France rêve à nouveau de son Mondial. Reste à savoir si elle aura les moyens politiques de ses ambitions.