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J'ai couru le marathon de Lille, mon tout premier : le vent a joué les trouble-fête, mais quelle chaleur des Nordistes !
J'ai couru le marathon de Lille (Nord), dimanche 25 octobre 2026... Le vent a joué les trouble-fête, mais la chaleur des Nordistes a compensé !
J’ai couru le marathon de Lille (Nord), dimanche 25 octobre 2026… Le vent a joué les trouble-fête, mais la chaleur des Nordistes a compensé ! © Margot NICODÈME/Lille actu

C’est devenu un rituel, au sein de Lille actu : plusieurs membres de la rédaction pratiquent la course à pied, et partagent leurs expériences sur des épreuves emblématiques ou moins connues de la région. Le marathon de Lille, qui a fait son grand retour le 25 octobre 2026, était incontournable. C’est moi, Margot, 35 ans, qui me suis lancé le défi de venir à bout de ces 42,195 km. Une grande première pour moi, si l’on met de côté ma participation au Nord Trail Mont de Flandres, sur la même distance, en avril dernier. « Tu verras, ça n’a rien à voir une course sur route et un trail… », m’ont répété bon nombre de coureurs très calés, dont ceux de mon club d’athlétisme de Marquette-lez-Lille.
À Lille, le vent est venu jouer les trouble-fête, me « cassant » les jambes et m’obligeant à faire presque tout reposer sur le mental. Mais quelle chaleur, du côté des supporters nordistes ! J’ai donc testé pour vous la réédition 2026 du marathon lillois.

J’ai testé pour vous la réédition du marathon de Lille : le vent a joué les perturbateurs, mais quelle ambiance !

Dimanche 25 octobre, 10 h 30 : l’ambiance est survoltée, aux abords du Champ-de-Mars. L’enthousiasme des finishers du semi-marathon est communicatif : les voir avec la médaille autour du cou renforce ma détermination à aller chercher la mienne… d’ici 4 à 5 heures. Si le stress augmente naturellement au fur et à mesure que je remonte le boulevard de la Liberté, jusqu’à apercevoir l’arche du départ, il y a ce sentiment réconfortant de faire partie d’un groupe. De quelque 16 000 coureurs, en l’occurrence.

C’est ça, le point positif d’un marathon qui fédère autant : tout le monde est dans le même bateau, et la compétition ne se joue pas contre les autres, mais contre soi-même. Va-t-on tenir tous ces kilomètres ? Que se passe-t-il si le mental lâche ? Autant de questions qui trouveront leurs réponses bien assez tôt, mais l’adrénaline, sur la ligne de départ, permet un temps de se sentir invincible. Tout comme le clapping, effectué à l’unisson. Moment fort de cette matinée hors normes.

Je retrouve, à l’arrière d’un des quatre meneurs d’allure en 3h30, des coureurs de mon club, reconnaissables à leur maillot rayé jaune et bleu. On est bien tous dans le même bateau.

11h15, le top départ est donné. Je verrai plus tard sur ma montre que, dans le SAS des 3h30, 4 à 5 minutes sont nécessaires avant de franchir officiellement la ligne du départ (différence entre temps brut et temps net à l’arrivée). Les 12 premiers kilomètres se parcourent dans Lille, avec un passage par les endroits emblématiques : Lille – Grand Palais, la rue Faidherbe, la Grand’Place, le boulevard Vauban, Wazemmes, avant de prendre la direction de Lille-Sud.

Les jambes sont fraîches, je peux me permettre de lever la tête pour profiter des monuments, sourire aux nombreux visages qui m’encouragent (déjà), voire scandent mon prénom (on se laisserait presque aller à rêver d’une notoriété à la Jimmy Gressier… il est en fait inscrit sur le dossard) comme si j’étais une de leurs proches. C’est extrêmement gratifiant, mais je ne m’attendais pas à moins, connaissant la chaleur des gens du Nord.

Vent et rafales en dehors de Lille : le brusque changement au 21e kilomètre

Très vite, le paysage urbain laisse place à un cadre plus rural, d’abord réjouissant. Certains coureurs, comme moi, aiment à croiser une diversité d’environnements, le temps paraît moins long – le semi-marathon de Marcq-en-Barœul, pour cela, est très apprécié. Sauf que le milieu champêtre devient rapidement le théâtre de la tempête : au 21e kilomètre, patatras.

Entre Noyelles-lès-Seclin et Houplin-Ancoisne, le vent et les rafales arrivent de face, ou légèrement de côté. Les tronçons en dehors des communes sont complètement exposés, et il faut composer avec cet ennemi que très vite, beaucoup maudissent (à voix haute).

Pour ma part, je boucle le 22e kilomètre avec un temps moyen augmenté de 40 secondes. On se sait à mi-parcours, il faut ensuite faire le chemin inverse pour rejoindre Lille, et la route n’a pas fini de jouer des tours. Par endroits, le faux plat, ou du moins la sensation de faux plat, comme au nord de Seclin, au niveau de Templemars et Wattignies, achève de couper les jambes. Des coureurs ont décidé de marcher sur le côté. Sont-ils parvenus à repartir ? Nul ne le sait.

« La station de métro la plus proche ? » : scène cocasse avec deux coureurs

J’ai en tout cas assisté à une scène cocasse : deux participants se sont arrêtés au niveau d’une habitante, lui demandant, à son grand étonnement, de leur indiquer « la station de métro la plus proche ». C’est aussi ça, la réalité de la longue distance, devoir renoncer pour se préserver.

À Faches-Thumesnil, autour du 30e kilomètre, le parcours restant me semble interminable. Lille est toute proche, mais si lointaine à la fois. Puis à partir du 36e km, on revient sur les exacts mêmes axes qu’au début, en plein centre-ville.

Il faut donc tenir jusqu’à la mairie de Lille, puisqu’à la Grand’Place, puis jusqu’au boulevard de la Liberté… que l’on remonte, remonte, remonte jusqu’au parc JB-Lebas. Mais quand faisons-nous demi-tour, pour enfin prendre la direction de la Citadelle, où la ligne d’arrivée prend alors des allures d’oasis en plein cagnard ?

Une foule de spectateurs et des bénévoles au ravito simplement au top

La foule nous enjoint de ne rien lâcher, là encore, comme une mère ou une sœur le ferait. C’est le point positif de cette course mémorable : les encouragements extrêmement vifs des spectateurs, qui ont tenu bon derrière les barrières, malgré le froid, malgré le vent, malgré le temps qui a pu se faire long. Mention spéciale aux détenteurs de pancartes à la teneur humoristique, qui ont insufflé une légèreté que chaque coureur « dans le dur » a accueillie bien volontiers.

L’autre point fort du marathon de Lille relève toujours de l’humain : les bénévoles, qui ont assuré le service derrière chaque ravito. Placés tous les 5 km – excellente distance choisie, selon moi – les stands de nourriture et d’eau étaient tenus à la perfection par ces petites mains, qui ont largement participé, aussi par leurs mots, à rebooster à des moments cruciaux.

Dernière petite frustration, alors qu’on pensait en avoir fini à l’approche du zoo de la Citadelle : l’arche à l’entrée du parking n’était pas celle de l’arrivée ! Les derniers mètres sont physiquement douloureux, mais enfin, je me vois remettre la médaille entre les mains.

Le marathon est bouclé en 3h42, c’est un peu plus que ce que j’avais prévu, mais l’événement restera pour moi une première fois inoubliable. Marque-t-elle le commencement d’une série ? La réponse en 2027.

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