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À Monza, le 10 septembre 2006, Michael Schumacher vient de signer la 90e victoire de sa carrière quand l’atmosphère bascule. Ferrari célèbre un succès capital dans la lutte pour le championnat face à Fernando Alonso. Pourtant, le moment sportif est rapidement éclipsé par une annonce redoutée, comme le rappellent nos confrères de Sports.fr. Le septuple champion du monde confirme qu’il quittera la Formule 1 à la fin de la saison : "Ce que nous avons vécu ensemble a été un voyage merveilleux, mais il est temps de partir. Vous avez tous été fabuleux".
Pour le public, la nouvelle tombe brutalement. En interne, elle était pourtant connue depuis des mois. Sabine Kehm a révélé que la décision avait commencé à se dessiner dès le premier Grand Prix de la saison, à Bahreïn. Elle se souvient d’un Schumacher déjà marqué physiquement par l’enchaînement des années. "C’est dès le début de saison que j’ai senti que Michael prévoyait d’arrêter", a-t-elle raconté à L’Équipe.
Elle évoque notamment des douleurs au cou, liées non pas à sa future chute à moto, mais à la fatigue musculaire accumulée après de longues journées de roulage. Très vite, le pilote lui aurait confié qu’il était lassé des déplacements incessants et qu’il voulait mettre un terme à sa carrière à la fin de 2006. Mais cette décision ne devait surtout pas sortir.
Le contexte imposait une discrétion absolue. Ferrari sortait d’une saison 2005 particulièrement difficile, dominée par Renault et Fernando Alonso. Pour espérer revenir au sommet, l’écurie voulait éviter toute perturbation. "Il fallait le cacher à tout le monde pour préserver l’équipe, pour que lui et Ferrari puissent remporter le ou les Championnats", explique Sabine Kehm.
Elle précise que Schumacher voulait éviter que ses collègues commencent à douter de lui ou de leurs propres chances. L’idée était simple : tant que la saison restait ouverte, rien ne devait troubler la concentration du groupe. Mattia Binotto, alors jeune ingénieur moteur chez Ferrari, se souvient lui aussi du choc provoqué par la perspective de ce départ. "On savait qu’un jour Michael arrêterait. Mais on ne pensait pas que cela arriverait si vite".
Chez Ferrari, la communication autour de cette retraite a donc été préparée au détail près. Luca Colajanni, porte-parole de la Scuderia, raconte que Monza s’est rapidement imposé comme le moment idéal. L’équipe ne voulait cependant rien annoncer avant la course, afin d’éviter que chaque conférence de presse tourne autour d’un possible dernier Grand Prix d’Italie. "Le plan s’est vite dessiné : Monza", explique-t-il. Ferrari devait également officialiser l’arrivée de Kimi Räikkönen pour 2007.
Un problème logistique demeurait : la FIA ne voulait pas mettre la salle de conférence à disposition si Schumacher ne terminait pas dans les trois premiers. "Nous avons même planifié ce qui se passait s’il était à la conférence de presse (pour les trois premiers) ou s’il n’y était pas", raconte Colajanni. Finalement, Schumacher gagne la course, monte sur le podium et se présente devant les médias. Le plan peut alors être exécuté exactement comme prévu. Après plus de six mois de silence, Ferrari dévoile à la fois le départ de son pilote emblématique et l’arrivée de Räikkönen.